"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



dimanche 30 décembre 2012

QU'EST IL ARRIVE AUX SANDALETTES DE PAMELA SUE-MARTIN ?

Par Valentine Deluxe


En bas, à gauche: Pamela Sue-Martin,  la Cendrillon du S.S. Poseidon

Une fois encore, la lecture (toujours passionnante) des colonnes de nos confrères de chez  "Soyons Suave" m'aura amené à échafauder une vertigineuse réflexion philosophico-cinéphagique, en forme de titre pour un nouveau ménopause-thriller :

"Qu'est-il arrivé aux sandalettes de 
Pamela Sue-Martin ?"

Le casting au grand complet se lançant à la recherche des pantoufles baladeuses.

Il y a quelques semaines, les mystérieux  -- qui sont-ils ou qui sont-elles, nous n'en savons toujours rien ! -- collaborateurs  de notre blog ami ("blog"... quelle vilaine et bien peu suave appellation!... on dirait un nom pour désodorisant de sanitaires soviétiques d'avant Leonid Brejnev !) nous remémoraient, avec le brio qu'on leur connaît, les péripéties colorées du champion toutes catégories du box-office 1972  , l'indispensable "Aventure du Poseidon". 
C'est alors que s'est  imposée à moi, avec toute l'éclatante fulgurance d'un panage d'escalope chez Jeanne Dielman , cette douloureuse interrogation métaphysique :

"Qu'est-il arrivé aux sandalettes de 
Pamela Sue-Martin ?"


On a beau regarder partout, pas de trace des godasses !   
 (Mais visiblement, Carol Linley -- centre -- n'en a rien à cirer...)

Ne me dites pas que vous ne vous êtes jamais réveillé,  au beau milieu d'une nuit agitée par les galops de la jument infernale ("Nightmare" pour les 3 érudits qui suivent), les mains crispées sur des draps trempés d'une sueur glacée, en hurlant cette nébuleuse question:

"Qu'est-il arrivé aux sandalettes de 
Pamela Sue-Martin ?"

... Non ?
... Comment ça "Non" ???


Les sandalettes sont quelque part par là !... A moins que ça ne soit par là ?...

Bon, alors, pour les distraits, un bref rappel de l'argument :

L'époque : 
31 décembre 1971 (vous voyez, c'est de circonstance !) 

Le lieu : 
Les eaux huileuses de ce cloaque infâme qu'on ose encore appeler  "Méditerranée".
Sur un rafiot qui ressemble à s'y méprendre à la vieille anglaise qu'on appelait le "Queen Mary", mais qui s'appelle pourtant bel et bien le S.S. Poseidon.

Les faits:
Alors que le réveillon bat son plein, entre les hectolitres de champagne et le demi-quintal de cotillons, un casting trois étoiles -- un des plus fabuleux jamais rassemblé sur un bout de celluloïd depuis "Grand Hotel" -- se prend dans le buffet, avec les effets qu'on imagine, un tsunami de modèle olympique!







Une fois l'effet de surprise passé, on procède à l'appel des rescapés.
Et c'est là que l'on s'aperçoit que notre pauvre petite Pamela Sue-Martin -- qui n'avait pas encore atteint la célébrité grâce à "Dynasty" -- a eu l'idée lumineuse de se planquer sous une table.
Le problème, c'est que maintenant, les tables sont au plafond, et que le plafond -- qui est en fait le plancher, ce qui embrouille pas mal mon histoire -- se trouve à 15 mètres du sol... qui n'est autre maintenant que notre ancien plafond ! (Oui, je sais, c'est compliqué, mais essayez de suivre, bon sang !!!)
Heureusement, Gene  Hackman, campant pour l'occasion un personnage qui, avouons-le, mériterait de solides paires de baffes tant il se la joue "monsieur je sais tout mieux que tout le monde", nous trouve fissa un moyen aussi expéditif qu'efficace pour nous ramener la donzelle parmi le commun des mortels...

.

Bon, je vous prends à témoin, vous avez bien vu, pas d’ambiguïté possible !
La gueuze nous a fait son grand plongeon aussi nu-pieds que la dernière des bohémiennes venue !
Pour les étourdis, j'appuierai quand même le trait, en vous offrant un petit ralenti sur image :




C'est clair comme de l'eau de roche qui coule de source : elle est en pieds-de-bas, nous sommes bien d'accord.
Le problème, c'est que 3 minutes plus tard, nos vaillants survivants comprennent que s'ils ne veulent pas finir noyés comme des rats -- ce qui serait dommage, et surtout un peu prématuré, vu que nous ne sommes qu'à 30 minutes du générique de début -- il va falloir escalader un sapin de Noël, format "échelle de pompier".
Et là, que découvrons-nous, frappés de stupeur et d'incrédulité ?    





Bon, là évidemment, nous avons eu la brillante repartie de Stella Stevens qui a pu faire diversion, alors, revenons au ralenti pour mieux observer :  




Comment diable cette sainte-nitouche (qui y est quand même allée un peu vite pour tomber la jupe devant le premier ecclésiastique venu !) a-t-elle fait pour retrouver ses pompes ???
Souvenons-nous, si besoin est, que nous sommes dans une salle à manger grande comme un hall de gare.
Que ladite salle à manger vient de faire un looping à 180°, et où, rappelons-le également, on avait quand même dressé un buffet pour 1500 convives!... C'est vous dire le souk!

Alors moi, je voudrais bien qu'on m'explique maintenant !
Est-ce là un miracle de Noël qu'on aurait mis de côté pour la Saint-Sylvestre?
Ou bien la greluche serait-elle un odieux détrousseur de cadavre ? 
Auquel cas, je lui tire quand même mon chapeau, car, au milieu du bordel que vous pouvez aisément imaginer, elle a réussi à trouver pile-poil sa pointure sur un macchabée qui trainait dans les parages ! ... et ce dans un coloris assorti à son tutu escamotable ! 
Fortiche la môme!!!

Enfin bref, en un mot comme en cent, est-ce que quelqu'un pourrait se décider à élucider le mystère et répondre une fois pour toute, de façon définitive et cohérente, avec preuve et image à l'appui, à cette irritante devinette:

"Qu'est-il arrivé aux sandalettes de 
Pamela Sue-Martin ?"

Sur ce, joyeux réveillon, et une très bonne année 2013 !

dimanche 23 décembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TREPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY : Chapitre final !

Par Valentine Deluxe

Bon, mes enfants, faut voir les choses en face : les Mayas étaient des brêles niveau prophétie !
Pour attendre le jour fatal, annoncé avec fracas par les médias les plus racoleurs, dans les bureaux de la rédaction de MEIN CAMP, prudentes et organisées, nous nous étions repliées dans notre abri anti- gaz-moutarde*; avec nos stocks d'eau défluorée et nos boîtes de biscuits militaires périmés,  rachetés à vils prix dans les surplus de l'armée rouge.
C'est peu dire que nous étions prête à en découdre avec les menaces armaguedonnesques les plus effroyables qui soient : holocauste atomique, tsunami planétaire ou nuée de sauterelles, nous les attendions de pied ferme !


BBJane Hudson et Valentine Deluxe, 
prêtes pour le 21 décembre!


... et puis voilà!

 Pour vos chroniqueuses préférées comme pour le commun des mortels, l'aube du 22 décembre s'est levée, morne et pluvieuse comme un jour de braderie au quai du commerce, à 1080 Bruxelles, avec pour seule certitude d'avoir été grugées par ces emplumés d’Aztèques! 
(Quoi ?... Des Mayas ?... Mais c'est la même racaille tout ça!)
Et notre brave Jeanne, qui s'était lâchée comme jamais dans notre épisode précédent, croyant venue sa dernière heure !
Mais la revoilà, digne et roide, fidèle au poste comme toujours, avec un ultime épisode à assumer !


Sainte Jeanne Dielman-de-la Divine-Escalope,
prête pour un ultime épisode de ses trépidantes aventures
(photo non contractuelle)

Car c'est en effet le dernier rendez-vous avec notre bonne Jeanne, sainte patronne de l'escalope panée.

Mais  avant  que nous ne soyons trop accaparées par le fourrage de la traditionnelle dinde aux marrons (et croyez-moi, c'est du boulot pour faire rentrer c'te saloperie de bestiole dans cette saleté de marron !) Jeanne se devait d'affronter pour vous, pour nous, un dernier et périlleux tour de piste.
Partons donc dire adieu à Jeanne, elle qui,  pour l'occasion, va vous faire admirer les trésors de ce merveilleux vaisselier que nous avions entre-aperçu dans l'épisode "potage" ! 
Vous êtes prêts pour des adieux en forme d'apothéose aux couleurs  de feux d'artifice, et avec une cerise confite dessus pour faire joli ?
... et bien allons y !





Qu'est-ce que je vous disais ?... Trépidant non ?...
On dira ce qu'on voudra, Apocalypse ou Nouvel An,  les Dielman, c'est du nanan !
 

* Un très sage investissement de notre BBJane adorée, suite aux mauvais souvenirs qu'elle conservait de la couverture de la bataille de l'Yser (octobre 1914), qu'elle avait suivie en tant que correspondante de guerre pour "Le Petit Echo Anichois" -- fermons la parenthèse...

samedi 22 décembre 2012

VOEUX DE SAISON

Une vidéo Deluxe!

 


Toute l'équipe de Mein Camp au grand complet (si je compte bien, ça se limite toujours à une hargneuse et une revêche) vous souhaite un merveilleux Noël post-apocalyptique, ainsi qu'une fastueuse année 2013 !




dimanche 16 décembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TREPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY #7

Par Valentine Deluxe

 
Mes enfants, l'heure est grave : c'est peut être, sait-on jamais, la dernière fois que nous pouvons profiter de notre folâtrerie dominicale !
En effet, vous n’êtes sans doute pas sans savoir qu’un astrologue maya (un quidam genre "Nostradamus", mais avec un pagne et une plume dans le rectum) a posé, lacunaire et voici déjà quelques calendes, un avis sans appel : 
Pas la peine de s'esquinter à terminer nos courses de Noël à temps, car ce vendredi 21 décembre 2012
... la fin du monde est là !


 La terrible prophétie du calendrier Maya
sonnera-t-elle le glas des aventures de Jeanne Dielman?

La fin du monde ?... comment dire ?... c'est un peu comme le dernier épisode de "Amour, gloire et beauté" : On se dit, "ça n'arrivera jamais", et pourtant, chaque jour, chaque heure et chaque seconde nous rapprochent de l’instant fatidique et funeste ! 


Jeanne Dielman, attendant le 21 décembre avec placidité.
(photo non contractuelle)

Et là, mes bichettes et bichons, il sera trop tard pour se lamenter, on aura plus que nos yeux pour pleurer.
Donc, si ce rendez-vous hebdomadaire devait être le dernier que le Bon Dieu nous accorde, quitte à partir, partons sur la note la plus haute.
Ce soir, Jeanne, notre madone du 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles, ne va pas perdre son temps à faire le café, paner l'escalope et autres extravagances ménagères du même tonneau (vous pouvez toujours vous reporter sur les épisodes passés avant le jour fatidique...)
Non, Jeanne va se retirer sur un coup d'éclat, comme les plus grandes !

 Jeanne Dielman, ready for her final close-up.
(photo non contractuelle)

Alors, vous voilà prévenus, accrochez-vous bien à tout ce qui passe et dépassasse !
Car aujourd’hui, en effet, mesdames et messieurs -- et passez moi l'expression au passage, tout en me pardonnant (fin du monde oblige) cet écart de langage -- 
Aujourd’hui, disais-je…
Jeanne s'envoie en l'air!!!
(Qu’est-ce que vous dites de ça ?)

Alors attention, il va sans dire que la séquence qui va suivre s’adresse à un public averti et mature !
Vous êtes prêts ?... Et bien allons y !...



Qu'est-ce que je vous disais ?... Trépidant non ?... 
On dira ce qu'on voudra, fin du monde ou bien train-train, avec les Dielman, qu'est ce qu'on se marre bien !

samedi 8 décembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TREPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY #6


Par Valentine Deluxe

Je suppose que le fait n’aura échappé à personne, et surtout  pas à notre très perspicace et très érudit lectorat, mais Noël et Saint-Sylvestre sont à nos portes.
… Et avec eux, il faut bien le reconnaitre, leurs cortèges d’emmerdes !
… Dinde ou chapon ? ... Huitres ou foie gras ?... Mousseux ou champagne ?...
Même pour un simple sapin, l’angoisse nous étreint quand la vendeuse, voulant probablement faire de son "stouff" (comme on dit quai du commerce, 1080 Bruxelles), ramène sa  gueule enfarinée et sa bouche en cul-de-poule, pour vous demander, l'air très satisfaite, alors que vous êtes à deux doigts du break-down: 
« Noordman ou plastique ? » 


Un Noël dans les bureaux de la rédaction,
avec  BBJane Hudson et Valentine Deluxe (de G. à Dr. ou l'inverse?)


Comme chaque année, vous vous étiez pourtant juré de vous y prendre dès le 15 septembre pour ne plus vous retrouver en pleine crise de tachycardie à la vue du moindre bout de guirlande multicolore.
Et pourtant, à 2 huitaines de la date fatidique, vous voilà dans la même panique généralisée que l’année passée à pareille époque... et celle d’avant, et celle qui précédait, etc.

Mais peut être comptiez-vous sur la trépidante Dielman Family pour répondre à l’une ou l’autre des angoissantes questions énoncées ci-plus haut ?


 Et si Jeanne Dielman connaissait le secret des Noëls réussis?


C’est vrai, Jeanne, la Wonder Woman des arts ménagers vous a déjà sorti de l’embarras dès lors qu’il s’agissait du panage de l’escalope, des trucs et astuces pour laper son potage sans borborygme intempestif, et du secret d’un "café à la chaussette" réussi (voir épisodes précédents).
Nous avons pu aussi admirer avec quelle efficacité Jeanne Dielman - 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles, faut-il encore le répéter? -  pouvait réaliser son marché matinal dans les boutiques rutilantes du quai-du-bidule, tout en respectant un budget des plus serrés.
Vous étiez donc légitimement en droit d’attendre une aide salvatrice de la part de Mme Dielman pour vous tirer de ce nœud de vipères anxiogène qu’est la préparation des fêtes de fin d’année.


 Un doute, une angoisse, une interrogation? 
Demandez donc à Jeanne Dielman!

Et bien non !
Désolée de vous décevoir, mais Jeanne ne pourra pas, cette fois.
Pourquoi ?… Oh cela tient en peu de chose en somme.
Comment vous dire ? 
Eh bien, c’est  que, voyez-vous, aujourd’hui, Jeanne… oh que c’est embarrassant !
… Jeanne, passez moi l’expression, Jeanne …se FAIT CHIER !
… Et oui, ça peut arriver à tout le monde, même au plus costaud d’entre nous. 
Elle s’emmerde, elle s’emmerde, elle s’emmerde, mais alors là vous n’avez pas idée !
... C’est pas humain de s’emmerder à ce point là !!!
Mais bien évidemment, les grandes douleurs sont toujours muettes ; et Jeanne, comme toujours, se montre un modèle de dignité et de d'abnégation.
La preuve par l’image :






Qu’est-ce que je vous disais ? Trépidant non ?
Remarquez, finalement, c’est peut être bien une solution aussi!
Pour Noël, faites comme Jeanne : tirez donc la gueule !


dimanche 2 décembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TRÉPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY, #5

Par Valentine Deluxe


"...Mais comment fait-elle???" , "...C'est quoi est son truc???" , "...ON VEUT SAVOIR!!!


 Jeanne Dielman sans son cache-poussière
(photo non-contractuelle)

Depuis le lancement de notre trépidante série, les bureaux de la rédaction de MEIN CAMP (à savoir : une planche mal dégrossie posée sur deux tréteaux bancals) croulent sous l'abondance de votre courrier.
Cette copieuse correspondance, qui nous submerge littéralement, n'a visiblement qu'un seul but :
connaître  le secret de l’éternelle bonne humeur et de l'inépuisable dynamisme de la plus célèbre ménagère bruxelloise de moins de 50 ans! 

 le courrier des lecteurs du fan club de Jeanne Dielman


Dépensant plus d'énergie qu'un peloton de coureurs cyclistes de chez Festina à elle tout seule, notre bonne Jeanne (32, quai du commerce, 1080 Bruxelles) enchaine les exploits ménagers sans le moindre signe visible d'une quelconque fatigue*.
Il était donc légitime de s'interroger sur la clef de cet inextinguible dynamisme.

Eh bien, brisons là cet insupportable suspens, et allons lever un coin de voile sur la mystérieuse formule qui permet à Jeanne ( 32, blabla-blablabla...  Bruxelles!) de tenir ces cadences infernales:

 LA CAFÉINE!!!


le secret de Jeanne Dielman?

Mais si le café, c'est pas compliqué à boire (encore que, sans se brûler, c'est déjà moins coton !), le faire, et surtout le faire bien, c'est une autre paire de manche!
Dans notre nouvel et trépidant épisode, notre brave Jeanne, qu'on pourrait croire fille naturelle d'un pélican et de l'abbé Pierre tant elle a bon cœur, va se faire un plaisir de vous montrer le secret d'un kawa réussi !
Vous êtes prêt ?... et prenez des notes, car ça à l'air évident comme ça, mais vous risquez d'oublier après!

.

Qu'est-ce que je vous disais?... Trépidant non?...
On dira ce qu'on voudra, "Américain" ou "Ristretto" : un café chez les Dielman, c'est tout de suite plus rigolo!

*Cf: les épisodes 1,2,3,et 4



 

dimanche 25 novembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TRÉPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY, #4

par Valentine Deluxe


le 23 quai du commerce, à 1080 Bruxelles
(photo non contractuelle)

Si chez les Dusquenoy "le lundi c'est ravioli",  sur MEIN CAMP, "le dimanche c'est..." heu?... "C'est..." ???
... Ah Flûte !... "Dielman", ça rime pas avec dimanche!
Enfin bref !... Le dimanche,  c'est le jour du Seigneur... et de notre grande saga familiale :


"LA VIE FOLLEMENT TRÉPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY"


Imprévisible et toujours primesautière, notre merveilleuse smala -- sise au 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles -- c'est notre rayon de soleil dominical dans la grisaille envahissante, le baume au coeur qui nous requinque des caresses au gant de crin de c'te chienne de vie ! 
(Vous voyez, en plus ils me rendent lyrique moi, les Dielman !)

Après trois (trépidants) épisodes consacrés à une thématique strictement culinaire (les escalopes panées, le potage et les patates), aujourd'hui, Jeanne (23 quai du machin...) doit bien penser à remplir le frigo... pour mieux se lancer dans d'autres extravagantes bamboches, lors des prochaines fins de semaines.

BBJane Hudson et Valentine Deluxe,
faisant leurs emplettes à la superilette Cotier

Or donc, pas fière pour trois sous, notre bonne Jeanne, humble mais vaillante, se lève dés potron-minet pour aller faire les boutiques du quai du commerce, modestement armée d'un filet à provisions des plus commodes, de son plus beau sourire, ainsi que d'un audacieux coup de fer-à-friser dans sa mise-en-plis.

Un audacieux coup de fer-à-friser dans la grisaille du quotidien


Et vous allez voir que le Quai du Commerce, non seulement porte bien son nom (oui, car il y a des... commerces !), mais en plus, c'est un peu ce que la rue du Faubourg Saint-Honoré est à Paname, et la collection Harlequin à l''imprimerie : tout un monde d'évasion!...


"Quai du commerce" ou "collection Harlequin" même combat:
"Tout un monde d'évasion-on-on"

Prêt pour la petite balade ?... eh bien, on y va alors!
Ah oui ! j'oubliais !!! Trèèèèèèès important !
Soyez prudent quand même, car cette fois, nous avons 3 plans différents en moins de 3 minutes 30 !
Je n'ai pas dis des mouvements de caméra, non, n'exagérez pas ; mais trois plans quand même!
Faites bien gaffe à pas choper une migraine, on dirait presque du Michael Bay!




Qu'est ce que je vous disais ? Trépidant non ?
On dira ce qu'on voudra :
Démarques ou bien prix pleins, avec les Dielman, qu'est-ce qu'on s'amuse bien !
 (... eh bien voilà, je l'ai ma rime !!!)


dimanche 18 novembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TRÉPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY, #3

Par Valentine Deluxe

 

Jeanne connait ses classiques: 
quand on reçoit, on ne mégote pas chez les Dielman!


Après le hiatus bienvenu de la semaine passée - ce qui  nous a permis un repos salutaire du côté des zygomatiques - partons retrouver nos impayables Dielman pour un nouveau et désopilant chapitre  de notre captivante épopée familiale.



La salle à manger du 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles
(photo non-contractuelle)


Rappelons-nous : lors de notre dernière rencontre, c’était bombance !

Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles, ze queen of the escalope, avait mis les petits plats dans les grands pour épater les exigeantes  papilles gustatives de son grand crétin de fils.

Chez les Dielman, c'est tous les jours "un diner plus-que-parfait"!

Les agapes avaient débuté par un somptueux potage, dégusté dans une ambiance des plus festives, n’excluant cependant pas toute trace de la plus élémentaire distinction.
Jeanne avait décidément placé la barre très haut, et nos deux boute-en-train nous avaient laissé en pleine expectative, dans un cliffhanger quasi insoutenable :
Comment faire plus succulent  et plus raffiné, pour continuer dignement sur cette ambitieuse lancée, après une introduction veloutée aussi ébouriffante ???

 La Dielman's touch, c'est aussi l'art de dresser la table!


Ainsi donc, ne prolongeons pas le supplice plus longtemps et courons voir de suite ce que notre Vatel en jupons et cache-poussière 100% diolène, a bien pu concocter pour poursuivre son éblouissant festin. 





Qu'est-ce que je vous disais ?... Trépidant non ?
… On dira ce qu’on voudra : entrée, plat ou dessert, qu’est ce qu’on se marre chez les Dielman !

dimanche 4 novembre 2012

LA VIE FOLLEMENT TRÉPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY, # 2

par Valentine Deluxe


Toujours plus fort, toujours plus fou, ze Dielman family is back !   
Sept interminables jours de suspens, de tortures et de frustrations vont enfin prendre fin quand nous lancerons devant vos yeux émerveillés le 2ème épisode de notre grande saga réalistico-familiale ! 
C’est qu’une fois qu’on y a gouté, aux Dielman, l’addiction est là, insidieuse et collante comme une poignée de bonbons à la menthe oubliée dans le fond de poche d’un vieux jeans envoyé au pressing.


Jeanne Dielman ?


Donc, après cet interminable  hiatus, ils nous reviennent, toujours plus primesautiers, toujours plus glamour et toujours plus scandaleusement photogéniques que jamais.
Après avoir découvert Mme Dielman mère, aka "la reine de l’escalope"  dans le chapitre précédent, continuons de vous présenter le reste de la dynastie Dielman (n’étant que deux, ça sera déjà plus fastoche que pour les Buddenbrook ou les Forsythe)

 ...Jeanne Dielman ???

 Mais attention, aujourd’hui, c’est gala ! 
 JeanneDielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles,  reçoit sont fiston pour diner* !
Et vous allez voir que si toute seule, Jeanne c’est déjà pas la dernière des rigolotes, avec son rejeton, ça devient carrément les Marx Brothers chez Blake Edwards écrit par Lubitsch !

ahhhh ! Jeanne Dielman!

Rendons grâce au passage au talent de la metteuse en espace, Mlle Chantal Akerman – un fameux boute-en-train elle aussi -- , dont le statisme de la caméra n’a d’égale que son allergie à toute forme d’ellipse narrative.

 
Feu Forrest J. Ackerman,
 niant farouchement tout lien de parenté avec Chantal Akerman

Bon maintenant, ouvrez grandes vos mirettes, ça va commencer !
 …voici l’épisode II de

 « La Vie follement trépidante de 
la Dielman family » 




Qu'est-ce que je vous disais ?... Trépidant non ?
… On dira ce qu’on voudra, escalope ou bien potage : qu’est ce qu’on se marre chez les Dielman !


dimanche 28 octobre 2012

LA VIE FOLLEMENT TRÉPIDANTE DE LA DIELMAN FAMILY, #1

par Valentine Deluxe


Sur les pages de MEIN CAMP, comme ailleurs, chantages, délations, mésalliances en tout genre, voire mariages consanguins au premier degré, n’ont jamais effrayé notre staff rédactionnel.

A quelles sordides bassesses, à quelles infâmes compromissions ne serions-nous pas prêtes pour faire monter l’indice de fréquentation de notre blog bien aimé ?
C’est pourquoi nous avons disséqué, avec patience et minutie, les différentes feuilles de choux nauséabondes vantant les mérites des programmations télévisuelles les plus racoleuses du moment, afin de repérer ce qui affolait l’audimat ces temps derniers.
Bien sûr, nous nous garderons bien de citer les noms de ces canards (boiteux) aux couvertures criardes et aux slogans putassiers. Les derniers huissiers passés au bureau de la rédaction ne nous ayant laissé pour tout mobilier, qu’une table bancale, une chaise pour deux, et une ardoise avec un bout de craie pour rédiger nos articles ; se ramasser un nouveau procès en diffamation sur le coin du bec ne serait pas des plus judicieux.

 
Crotte! on avait dit "pas de nom"!!!

Enfin bref ! …En feuilletant lesdits magasines, nous sommes arrivées à la conclusion imparable que la téléréalité familiale avait décidément la côte de nos jours.

Qu’à cela ne tienne ! S’il faut en passer par là pour garder notre bien aimé public, tout en draguant au passage un nouveau lectorat, nous nous plierons à cette nouvelle tendance.

Mais évidemment nous nous devions de frapper fort, très fort!
Aux orties les Osbourne ! Paris Hilton et autres  Kardashian : Has-been et Never-Been tout ça ! Roupie de sansonnet ! Défécation d’ortolan !

 La téléréalité familiale : une valeur sûre!

Car aujourd’hui, mes bichons et bichettes adorés, si vous êtes prêts, nous  allons savourer le premier épisode de LA nouvelle grande saga « réalistico-familiale »  :
LES DIELMAN !

Glamoureux, peopolesques et facétieux, les Dielman Mère et fils -- la plus célèbre famille du 122 Quai du Commerce à 1080 Bruxelles -- seront dorénavant le parfait antidote à votre spleen automnal.

Le quai du commerce à 1080 Bruxelles?... Beverly Hills sans les palmiers!

Vous vous lamentiez de la longueur des week-ends pluvieux, du changement d’heure qu'on vient de se prendre sur la tronche, et du coût prohibitif  de la luminothérapie ?
Eh bien, la famille Dielman débarque avec armes et bagages sur MEIN CAMP pour ensoleiller le jour du seigneur.
Tous les dimanches d’automne, rassemblez-vous autour d’un plat de marrons grillés, et savourez un nouvel épisode  de la vie folle et pleine d’entrain de la Dielman family !

 Mme Dielman mère, un jour de grande rigolade

Aujourd’hui, dans l’épisode "number one", découvrons Jeanne, la môman de la dynastie Dielman (enfin, « dynastie », faut le dire vite pour pas mentir longtemps : ils ne sont que deux...)
Et qu’est ce qu’elle fait pour dîner (1) Jeanne Dielman, 23 quai du commerce à 1080 Bruxelles ?
Youpieeeee ! C’est le jour des escalopes pannées ! …Alors courons vite voir ça !



Trépidant non ?… On dira ce qu’on voudra, dimanche ou pas dimanche : qu’est ce qu’on se marre chez les Dielman !

(1)  … ah oui!  Nous sommes à Bruxelles, donc il faudra traduire :

Petit déjeuner (Fr) = Déjeuner (Bel)
Déjeuner                 = Dîner 
Dîner                       = Souper
Souper                    =  ??? … Quand un français soupe, le Belge honnête et fréquentable dort du sommeil du juste!

mercredi 10 octobre 2012

LE TRAVAIL REND LIBRE


BB'S MOVIES
par BBJane Hudson

Ceux qui ne l'ignorent pas le savent bien : les jeunes d'aujourd'hui sont d'une indolence crasse. Des cagnards... des feignasses... Passant le plus clair de leur temps scotchés à leur console de jeu ou leur ordinateur, se répandant en billevesées asyntaxiques sur Twitter, ou rendant un compte scrupuleux de leur inactivité quotidienne sur Facebook. Leurs dix doigts ne leur servent qu'à tripoter leurs ePhones avec une compulsive hébétude, pour délivrer à leurs semblables des messages orthographiquement aberrants et d'une parfaite vacuité. 


C'était pas pareil de mon temps ! Nous, pour nous abrutir, nous n'avions guère que la télé, avec juste trois chaînes dedans, et bougrement parcimonieuses niveau programmation. Une douzaine d'heures de transmission, en comptant trois heures de speakerines et autant d'interludes, et la mire le reste du temps. Et je ne parle même pas de la génération de nos parents, qui d'ailleurs avaient mieux à faire que de glandouiller sur un web encore inexistant, de se bousiller les mirettes et le jinjin à coup d'insanités cathodiques, ou même de se prélasser au coin de leur poste à galène à écouter la TSF...


Non messieurs, non mesdames ! Leur temps libre, à cette époque-là, les jeunes l'occupaient à bosser ! Ils le convertissaient en temps d'astreinte ! Ils ne laissaient pas le poil leur pousser dans la main ! Ils savaient que la liberté réside dans le travail, et que rien n'émancipe autant qu'une bonne corvée...
Ma maman, par exemple, quand elle était jeune fille, faisait partie d'un groupe d'adolescentes catholiques et zélées ayant fait promesse d'assister leurs prochains en toute circonstance et de mettre à la pâte tout ce qu'elles comptaient de mains.
"Les Besogneuses Ardentes", qu'elles s'appelaient. D'un dévouement à toute épreuve, ces bénévoles industrieuses sillonnaient monts et vaux chaque dimanche, mettant leur assistance à la disposition du premier venu comme du dernier parti, s'envoyant les tâches les plus canulantes, et raffermissant, par l'exemple de leur enthousiasme inépuisable, les énergies mollissantes.


Aux Etats-Unis aussi, de telles formations fleurissaient, l'on s'en doute. On en trouve un émouvant exemple dans le somptueux soap opera rural de Delmer DAVES, Parrish, que célébra Joséphine BAKER dans sa fameuse chanson : "J'ai deux amours (mon pays et Parrish)".
Dans le rôle-titre, Troy DONAHUE, l'idole numéro 1 des midinettes américaines et le chouchou des cinéphiles invertis, affronte les avances de la quasi-totalité du casting féminin, à l'exception de Claudette COLBERT, qui incarne sa mère -- ça tombe mal, elle semble être la seule avec qui il ait réellement envie de baiser... Entre deux flirts, notre aimable dadais s'initie à la culture du tabac sous la férule d'un Karl MALDEN épuisant de cabotinage, et tente de restaurer la plantation défraîchie du père de l'une de ses multiples prétendantes


C'est alors que surgit une hallucinante formation de jeunes campagnardes, la "Girls' League", farouchement déterminée à lui prêter main forte pour les travaux des champs ! Ce joli monde, qui évoque de façon inquiétante une version féminine des Jeunesses Hitlériennes, se lance d'un pas décidé à l'assaut du travail en beuglant une variante locale du Horst Wessel Lied, puis repart de la même façon, laissant le spectateur ébaubi.
Un exemple à méditer pour nos générations d'adolescents fainéantissimes, et le clou Camp d'un film ingénieusement baptisé en français La Soif de la jeunesse -- parce que l'effort, ça vous sèche le gosier.
(Ils auront au moins évité de traduire le titre original par Le Pauvre -- ben oui, c'est bien ce qu'on est quand on est Parrish ?...)

(Oui, je sais, l'extrait est en espagnol ; j'ai pas pu trouver mieux, mais j'admets volontiers que l'allemand eût davantage convenu...)


vendredi 5 octobre 2012

BZZZZ, BZZZZ, BZZZZ...


Once Upon a Flop #3
par Valentine Deluxe

Le cénacle on ne peut plus fermé des grand cerveaux qui cogitent à la traduction des titres de films à distribuer dans l’Hexagone, a-t-il jamais enfanté idée plus foudroyante et prophétique que celle qui permit de baptiser, dans la langue de Molière, ce qui était censé s’annoncer comme LA superproduction de l’année 1978 ?
Quand Irwin ALLEN choisit d’intituler sobrement le dernier-né de son usine à désastres -- lui dont la sobriété n’avait pourtant jamais été la vertu cardinale -- par un The Swarm des plus concis (traduction littérale : « L'Essaim »), les distributeurs français l’affublèrent d’un nom diantrement plus approprié -- et nous ne saurons jamais s’ils ont voulu faire œuvre de second degré --, à savoir, L'Inévitable catastrophe !… Car inévitable, cette catastrophe ne pouvait que l’être !


La formule avait été lancée avec fracas par Monsieur ALLEN en 1973 avec L'Aventure du Poséidon, et bétonnée deux ans plus tard par la Rolls-Royce du disaster movie, le célébrissime et multi-oscarisé La Tour infernale.
Mais à force d’user des mêmes ficelles dramatiques à chaque nouvelle production, celles-ci finirent par s'élimer et par lasser, inévitablement.
Au final, le film fut non seulement la risée des critiques, mais aussi -- et c’est déjà plus embêtant -- des quelques rares spectateurs à s’être aventurés dans les salles, d’où il fut retiré après une exclusivité foudroyante d’à peine 15 jours.
Ce fiasco fracassant s’avéra au final une opération tellement humiliante pour Irwin ALLEN, qu’il  refusa jusqu’à son dernier souffle ne serait-ce que de prononcer le titre du film maudit !
On peut même estimer qu’il constitue le premier chapitre d’une improbable Trilogie de l’Infamie pour le producteur chevronné, les deux autres étant les tout aussi cornichonesques et déficitaires Le Dernier secret du Poséidon (également avec Michael CAINE, décidément fort mal inspiré à l’époque dans le choix de ses scénarios) et Le Jour de la fin du monde (qui s’avéra être aussi celui de l’empire allenien). (Note de BBJ : Ce jour-là, il devait l'avoir mauvaise, Allen... "Mauvaise haleine"... Euh, je m'éclipse...)

Et pourtant, tout avait commencé sous les meilleurs auspices.
Croyant pouvoir enrayer, au moyen d'une inflation de nouvelles menaces, l’érosion notable des recettes obtenues par les dernières productions du genre, le brave Irwin était sûr de tenir là, à nouveau,  la clé des cimes du box-office.
Pensez donc : en plus de jouer avec une des grandes phobies de l’époque (à savoir l’invasion d’un gigantesque essaim d’abeilles tueuses aux USA), ALLEN fit en sorte que nos butineuses -- ça sonne comme le titre d’un film de Lucien HUSTAIX, ça (1) -- entraînent une cascade de cataclysmes qui, théoriquement du moins, auraient dû combler la soif de destruction des petits Néron anonymes peuplant les salles obscures de l’époque.
Car en sus des attaques de notre escadron de la mort sur les populations locales, nous avons droit à (excusez du peu...) :
- Un déraillement de train.
- L’explosion d’une centrale atomique (si quelqu’un pouvait m’expliquer pourquoi l’irruption d’un essaim d’abeilles dans une centrale fait automatiquement et instantanément exploser celle-ci ?...)
- Et, last but not least, l’incendie de Houston (non, pas la diva cocaïnomane -- paix à son âme ! --, mais la capitale du comté de Harris, Texas ! )

Valentine, quant à elle, profite de l'horrible invasion pour se faire tailler un maillot de bain...

Seulement voilà, toutes ces belles intentions ne se retrouvent que sur le papier du scénar.
Au final, malgré les 15 millions de $ dont est censé avoir bénéficié le film, le All Stars Cast, loin du glamour  impeccable de La Tour infernale, ne rassemble ici qu’une poussive pléthore de has-beens en mal de cacheton.
Oui, je sais, je suis très très méchante là, car nous disposons quand même de Michael CAINE, Richard WIDMARK, Olivia de HAVILLAND, Henry FONDA, José FERRER (dans une apparition à la limite de l’image subliminale), Richard CHAMBERLAIN, ainsi que de deux madones de MEIN CAMP, Lee GRANT et Patty DUKE-AUSTIN.
Mais les pauvres, déjà pas au top de leur célébrité à l’époque, doivent composer avec quelques-uns des dialogues les plus crétins jamais entendus. Et en l’absence d’une quelconque direction d’acteurs -- Irwin ALLEN étant sans doute trop affairé à essayer de maintenir son essaim dans le cadre --, ils nous livrent pour l'occasion les prestations les plus catastrophiques (sans jeu de mots) de leurs glorieuses carrières.

Intermède musical (avec le "grande" artiste Bourvil, qui ne faisait malheureusement pas partie du casting...) 


Au vu de ce budget des plus confortables, nous étions au moins en droit d’attendre de spectaculaires scènes de destruction -- marque de fabrique des précédentes productions Irwin ALLEN pour le grand écran. Eh bien, de ce côté là aussi, bernique ! Non seulement ces moments de bravoure sont surtout de fabuleux moments de bavures, mais le scénario est tellement mal fagoté et lâche aux entournures, qu’ils génèrent immanquablement des crampes olympiques de côté des zygomatiques.

Le responsable des effets spéciaux prépare la destruction d'un immeuble de 15 étages...

Comme disent les saintes écritures : « C’est ici qu’il faut de la finesse » (Apocalypse 13:18).
Car moi, gourmande comme je suis, je vous refourguerai bien le bidule en version intégrale !
Et quand je dis « intégrale », il faut savoir que le film fut sagement distribué en salles dans une copie de 115 minutes, alors que le DVD nous régale maintenant d’un improbable director’s cut de plus de 2h35 de bonheur pur !... C’est dire si le choix va s’avérer cornélien pour vous extraire « le miel de la félicité » de cette petite merveille.
Alors, filons dare-dare (oui, excusez-moi, j’ai pas pu résister !) regarder ce petit « best of the worst » que je vous ai amoureusement concocté.
Tout d’abord, la phrase-culte !
Pourquoi Olivia De HAVILLAND -- deux oscars de la meilleure actrice au compteur -- n’a-t-elle pas reçu une ultime statuette pour ce caméo ébouriffant, cela restera l'un des grands mystères de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences !... Après l’éviction de Gloria SWANSON au profit de Judy HOLLIDAY en 1950, et celle de Judy GARLAND décoiffée au poteau par la poivrote de Monaco (aka Grace KELLY) en 1955, voilà une injustice de plus à mettre sur le compte de cette glorieuse institution.
Injustice, nous allons le voir, on ne peut plus... criante !



Autre particularité de ce chef-d’œuvre conspué par la conjuration des imbéciles : toute personne se faisant piquer par nos petites Maya furibondes, commence à voir des abeilles géantes à tout bout de champ.
Que ce soit l’horripilant gamin « je-sais-tout » (un grand classique des films catastrophes, avec l’indispensable "Mamie-qui-claque-à-l’avant-dernière-bobine" (2)), comme ici..



... ou bien, encore mieux, les crises de délirium d’une Katharine ROSS qu’on supputerait remplacée par son double robotique de Stepford, tant sa contre-performance (sans doute due a une consommation excessive de Xanax durant le tournage du biniou) atteint des sommets dans le genre "somnambulisme  cinématographique" .




On notera également au passage la cocasse propension d’Irwin ALLEN à toujours vouloir faire crier ses vedettes féminines… au ralenti !
Et pour la fin, Richard WIDMARK a aussi droit à son grand moment d’infamie, dans ce qui devait théoriquement être LE clou du film : l’incendie de Houston, Texas ...
Oui, que je vous raconte : cet incendie, c’est le moyen imparable que l’armée (jamais à une idiotie près) a trouvé pour se débarrasser de l’essaim.
Il faut les voir foutre le feu partout à grands coups de lance-flammes… même dans les immeubles qu’ils sont encore en train d’occuper !!!
Mais Irwin ALLEN aurait-il été trop généreux sur le budget cantine ? Toujours est-il que ce « grand » moment se limite en tout et pour tout à trois bouts de façades en flammes dans le back-lot de chez Warner, et à ceci :



Eh oui, vous avez bien vu l’incendie de Houston : un bout de photo découpée avec des bougies derrière, entraperçu au travers d’un store vénitien !
Même l’incendie de Moscou dans le Napoléon de GUITRY est plus spectaculaire (c’est tout dire !)...
Si ce n’est pas de la bravoure, ça !
Et puis, là aussi, cette phrase culte (que je ne peux m’empêcher de vous bisser) :





(1) L’immortel auteur de l’inénarrable  trilogie paillarde de l’ère Pompido-Giscardienne, composée de Les Jouisseuses, Les Caresseuses et Les Tripoteuses.

(2) Ce que j’ai très finement baptisé « the Shelley Winters’ syndrom ».