"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



Affichage des articles dont le libellé est ACTRESSES : Bette Davis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ACTRESSES : Bette Davis. Afficher tous les articles

mercredi 6 octobre 2010

NOTRE SAINTE PATRONNE


par BBJane Hudson


Il y eut 21 ans hier, disparaissait la Sainte Patronne du cinéma Camp, Miss Bette DAVIS.
Un hommage (modeste, mais sincère) s'imposait sur ce site, hanté par son esprit...
J'ai plaisir à le lui rendre, à travers quelques scans de documents issus de ma collection...



























La première photo de Bette que j'aie achetée, dans une boutique de cinéma parisienne,
et qui trône dans ma vidéothèque depuis 25 ans... :







vendredi 2 juillet 2010

COMMENT MENER LA LUTTE DES CLASSES AVEC PANACHE


LES BONS CONSEILS DE VALENTINE #7

par Valentine Deluxe


Le panache (j'espère que vous l'avez compris, maintenant !) est un combat de tous les instants… Et si cet aphorisme ne s’est pas encore imposé à vous depuis que vous fréquentez ce blog, alors j’abandonne tout espoir de vous voir jamais atteindre les strates glamoureuses du cercle très fermé des Vraies Grandes Dames… Tant pis pour vous, on n’est pas à l’Armée du Salut, ici !...
Donc, et seulement pour celles et ceux qui suivent, nous savons qu’il n’est pas une phase de notre existence où, aussi cinglant et incontournable qu’un coup de cintre en fil de fer sur les fesses de Christina CRAWFORD, l’angoissant dilemme ne se pose :

… avec ou sans panache ?

Christina et maman (laquelle est la plus cintrée ?)

Si, dans certains cas de figure (ici, là, ou encore là), la question ne se pose même pas -- car telle la bave aux babines du chien de monsieur Pavlov, la G.D.A. (Grande Dame Attitude) s’enclenche automatiquement avec l’efficience et la rapidité de la police suisse dès qu’elle se met en tête d’arrêter des réalisateurs polonais semi-grabataires sur le tarmac des aéroports --, parfois on peut être pris de court face à telle ou telle situation imprévue.
Nous allons donc passer à une simulation autrement plus subtile et politisée que l’utilisation d’un escalator ou la crémation d’une cibiche :
… la lutte des classes !


Déjà -- et je sens que je vais vous emboucher (sic) un coin (tout au moins aux vilaines langues qui me reprocheraient d’être plus souvent qu’à mon tour du mauvais côté de la barricade, et me situent politiquement quelque part entre Pinochet et Hitler) --, sachez qu'il n’est point nécessaire, pour réussir cet exploit, d’être née avec dans la bouche une cuillère en argent poinçonné de chez Christofle !
Que nenni !… Prenons l’exemple suivant...
D’un côté, vous avez Mme Von Schiller.
Momifiée de pied en cap dans des tombereaux de dentelle fine et de perles de Bruges (oups !… au temps pour moi, c’était l’inverse !...), méchante comme un pou, et, bien qu’elle ait comme on dit chez nous (enfin, surtout chez moi) « le cul cousu de broque », il se trouve qu’en plus, elle est voleuse comme une pie.
Pas besoin de passer trois heures à faire thèse, antithèse et synthèse : c’est une garce de compet’, ça, y a pas de doute...
Les dernières heures d’une existence que l’on devine toute en pompes et circonstances, elle les passe à rendre aussi misérables que possible celles de sa dame de compagnie, une certaine Mlle Bauwers.
Et cette demoiselle Bauwers, c’est l’adversaire !
Physique ingrat en lame de couteau et sans un penny vaillant en poche, on pourrait la croire de peu de poids niveau répondant pour clouer le bec à son poison de patronne .
Surtout quand celle-ci est incarnée avec jubilation (et panache !...) par une Bette DAVIS merveilleusement sublimée par les incroyables toilettes sorties de l’imagination d’Anthony POWELL.
Signalons au passage, pour votre édification personnelle, que ce maître en fanfreluches et falbalas rafla pour l’occasion un des 3 Oscars qui égaient, depuis lors, son manteau de cheminée -- récompense plus que légitime pour les somptueuses créations qui transforment ce whodunit des plus classiques (voire poussiéreux et bavard) en un défilé de mode des plus éblouissants.
C’est sûr que pour aller crapahuter dans le désert à dos de chameau, niveau élégance, ça a quand même une autre gueule que le mauvais goût criard des perruches de SEX AND THE CITY 2 (je fais des neuvaines tous les soirs en priant pour qu’elles s’arrêtent là, et ne nous commettent point un nouvel opus !… enfin, on n'est pas à l’abri d’un malheur !...)



Seulement -- et pour suivre, n’oubliez pas de faire le lien avec le début du paragraphe précédent, sous peine de piger que dalle à mon développement --, y a un os dans la moulinette... un os du genre « gros modèle »...
A ce niveau-là, c’est même plus un os, c’est carrément un squelette de tyrannosaure, car il se trouve que pour interpréter celle que l’on serait déjà tenté d’appeler « cette pauvre Miss Bauwers », les producteurs n’ont pas fait non plus dans les fonds de tiroirs, et c’est Maggie SMITH, la prima donna du théâtre anglais, qui va enfiler les gants et monter sur le ring !
Ce qui fait que la moindre scène que ces deux oiseaux (de proie) se partagent becs et ongles, pour brève qu’elle soit, se transforme en feu d’artifice, avec en guise de feux de bengale, toute une anthologie de garceries de haut vol et autres sucreries à l’arsenic, où, évidement tous les coups sont permis, surtout les plus bas !



Bette & Mag

Maintenant, ouvrez grand vos portugaises, et surtout, retenez bien : y a quelques petites vacheries qui pourront toujours servir dans un dîner en ville, si jamais vous deviez vous retrouver en panne de… de ?...
… P.A.N.A.C.H.E voyons ! (pfffff !)




vendredi 21 mai 2010

La mère, qu'on voit tancer...

par BBJane Hudson

Bientôt la Fête des Mères ! Vous pensez bien que MEIN CAMP ne pouvait négliger l'événement...
Le Camp, comme chacun sait -- et ceux qui l'ignorent le sauront désormais -- est une invention de pédés. Et les pédés, c'est bien connu, sont ce qu'ils sont à cause de leurs mamans, de l'amour dont elle les abreuve ou de celui dont elle les sèvre, ainsi que d'un tas d'autres emmerdements typiquement "génitriques". Vous me direz que toutes les mères sont emmerdantes, et que tout le monde n'est pas pédé pour autant -- sans quoi, il n'y aurait bientôt plus de mères... Mais moi, que voulez-vous, je ne me fie qu'à ce qui est bien connu. Le reste, c'est trop savonneux, on ne sait jamais dans quels gouffres ça nous abîme...




Donc, que serait le Camp sans la figure tutélaire de la Mère ?
Non pas la bonne maman affable et dévouée à sa progéniture, sachant la préserver des avanies de l'existence tout en ne l'étouffant point sous le poids de son affection, et dont la tribu Ingalls et quelques familles disneyennes durent sans doute posséder les seuls spécimens existants, mais la Mater Monstruorum, asphyxiante, castratrice, jalouse, hystérique, dominatrice, braillarde, égocentrique et mal léchée, paranoïaque, schizophrène, voire même carrément psychopathe.
L'authentique Mère à boire, em(mère)deuse patentée, façonneuse d'invertis et de vieilles filles, ou, dans le meilleur des cas, terreur de ses gendres et cauchemar de ses brus, que sut si bien décrire Philip WYLIE dans son vitriolique pamphlet A Generation of Vipers (il ne leur imputait rien moins que le déclenchement de la Deuxième Guerre Mondiale !), et à laquelle des dizaines de cinéastes internationaux rendirent l'hommage dû à son infamie.




En conséquence, d'ici le 30 mai, MEIN CAMP s'appliquera à vous proposer quelques exemples cinématographiques de mamans terribles, histoire de bien marquer le coup.
On commence en beauté avec la plus fielleuse d'entre elles, Mrs Taggart, campée (c'est le cas l'écrire) par Bette DAVIS dans l'un des 90 meilleurs films de sa carrière (et mon préféré, avec Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?) : The Anniversary de Roy WARD BAKER.
Au royaume des salopes, Mrs Taggart est borgne, mais certes pas aveugle, et encore moins muette !





Prodigieuse entrée en scène, répliques venimeusement ciselées, euphorisante dextérité dans la stimulation prostatique du Manneken Piss, sens imparable du claquage de clapet...
Accrochez-vous fillettes !... bouclez vos ceinturons !...
Voilà une vraie leçon de materrorisme...