"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



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samedi 9 avril 2016

BARBARELLA (1968) #2

CAMPISSIMO !

 La philosophie dans le boudoir (intergalactique), chapitre 2

Par Valentine Deluxe

 

 Qui osera encore dire que les affiches polonaises sont moches???


BARBARELLA revient, et qui s'en plaindra ?...
Pas Valentine en tout cas, car tant au niveau philosophique (voir notre première bafouille) que vestimentaire, notre brillante astro-pilote, faut-il le rappeler, fut depuis la plus tendre enfance de votre chroniqueuse à la fois  un modèle et une muse!


 Modeste et laborieuse, 
mais toujours prête à bien faire !

Cette délicieuse créature n'a que des qualités : 
Fraîche et pimpante dès le saut du lit, d'une humeur remarquablement constante, elle est aussi toujours là quand il faut donner un coup de main, aider un pote dans la mouscaille, ou sauver un ange aveugle des griffes gluantes du matmos (oui, là faut avoir vu le film pour capter !)

...pas sûr que ça soit sa pose
 la plus glamour ça !

Évidemment, comme nous sommes dans "CAMPISSIMO!", vous remarquerez au passage qu'il y a plus de photos que de texte, mais disons que c'est notre formule "dimanche", notre supplément "digest" à nous.

Et puis, pour une fois que je fais court, vous n'allez pas me jeter aux perruches non ? (oui, là aussi, il faudrait mieux avoir vu l’œuvre en question pour saisir la finesse de l'allusion...)

 Et ça, c'est juste pour faire c**** Brigitte !

Bon, c'est ici que je la boucle (moi qui l'ai à peine ouverte pour une fois !) et que nous partons nous extasier sur l’à-propos de notre belle héroïne. 
Donc aujourd’hui, nous allons explorer un autre trait dominant de sa délicieuse personnalité :

la Modestie !

Est-ce le fait qu'elle ne fut qu'un troisième choix, après Brigitte Bardot (logique, puisqu'elle fût l’inspiration de Jean-Claude Forest le dessinateur) et Sophia Loren (!!!) d’abord envisagées, que notre chère Barbajane Fondarella semble douter à ce point de ses capacités ?  

La preuve par l'image :




La délicieuse enfant, c'en est  touchant de sous-estimer ainsi son potentiel de séduction !


mardi 22 décembre 2015

8 FEMMES (2002)

Campissimo!

"Au théâtre ce soir..."

Par Valentine Deluxe



Alors aujourd’hui, si je vous dis "Catherine Deneuve", je suis sûre, bande de petits mécréants z'et mécréantes, que pas un(e) ne se lèvera de son chesterfield...


Oui, enfin, que pas un(e) ne se lèvera de son canapé pour crier d'un seul coup d'un seul :
"Comment se fait-il que nous n'ayons jamais parlé de... Catherine Deneuve ?!?"

Non, malheureusement, j'ai bien peur qu'à l'annonce  du nom de notre invitée du jour, je doive plutôt faire face à des réactions de cet ordre :


Et là, je vous trouve bien injuste envers notre brave Catherine, car ce n'est pas parce qu'elle ne peut plus se cacher derrière un frigo sans déborder sur les côtés, et que ses robes sont désormais confectionnées dans des housses de couette percées d'un trou pour la tête (2 personnes, la housse !) qu'il faut jeter au bac une filmographie où s'enchaînent dans un même élan Les parapluies de Cherbourg" et "pulsion", ce qui suffit déjà amplement à faire mon petit bonheur personnel et égoïste à moi!

Ne vous fiez pas à son air nouille, 
elle a un lapin crevé dans son sac !

Et en parlant de bonheur, nous allons nous en offrir un petit, un tout petit, 10 secondes à peine.
Mais 10 secondes de bonheur dans ce monde de brute, à tout prendre, ça n'est pas rien !
Comme nous sommes dans CAMPISSIMO, je n'en ajouterai pas davantage. Filons fissa voir ces 1/6 de minute de perfection, dans l'exercice de style "néo-camp", mi-laborieux  mi-savoureux, d'un élève appliqué mais roublard nommé François Ozon...


Et mon exercice de style du jour à moi, c'était de faire un article sans jamais citer le titre du film en question.
(Vilaine menteuse que je suis, c'était juste de la distraction !)

mardi 1 décembre 2015

BARBARELLA (1968)

 Campissimo!

"La philosophie dans le boudoir (interstellaire)"

Par Valentine Deluxe



Il y aurait tant et tant à dire de BARBARELLA, la superproduction sous LSD et méga-bordélique de feu Dino De Laurentiis -- sans doute davantage l'auteur de cette merveille acidulée que Roger Vadim, plus occupé à cuver son vin dans un coin du décor psychédélique 100% "moumoute synthétique" qu'à diriger la joyeuse entreprise.

Dino est content : Roger tient debout !

Votre Valentine, pour ne citer qu'elle, a été littéralement transformée, positivement bouleversée par sa découverte, quand, encore enfant, quelques semaines à peine après avoir succombé aux charmes criards du FLASH GORDON du même Nabab, elle se plongea dans les aventures de la plus séduisante des astro-pilotes du 41ème siècle par le biais de la petite lucarne, en prime time, sur une chaîne Belgo-Luxembourgeoise (que je ne me donnerai pas la peine de citer, vu qu'il n'y en avait qu'une !)
Petite lucarne qui, faut-il le rappeler, en ces temps lointains et héroïques, était  tout ce qu'on veut, mais certainement pas un écran plat à coins carrés !
(fin de la  petite parenthèse proustienne...)

 Valentine trépigne : ce soir y'a BARBARELLA à la télé !!!

Mais nous sommes dans CAMPISSIMO !, la rubrique des lecteurs pressés et des rédactrices feignasses, aussi ne vais-je pas m’étendre (Barbarella le fait BEAUCOUP mieux que moi) sur les mille et unes petites anecdotes et grands ragots qui entourent cette œuvre, diamant de celluloïd éblouissant et incontournable, responsable de ce que l'on pourrait appeler "la mauvaise tournure" que prirent très vite mes goûts cinématographiques.
Non, je vais juste vous la jouer "flash-info", SMS et télégramme : bref, je serai "brève"... mais vous savez que quand je vous dis que je serai brève, la seule chose que vous pouvez jurer, c'est que je l'ai écris en français
Je ne m'attarderai donc pas sur les fabuleux décors protoplasmiques de Roger Hart (qui sont de Mario Garburglia), sur les ébouriffants costumes de Paco Rabanne (qui sont de Jacques Fonteray) ni sur l’étourdissante partition du Bob Crew Generation (qui est de Michel Magne), car bien sûr, nous n’avons pas le temps.

 Les costumes de Paco Rabanne 
sont de Jacques de Fonteray
(et vice-versa)

Par contre, je ne résisterai pas au plaisir de vous livrer cette citation de Jane Fonda -- qui, je ne nous apprends rien, incarne l'héroïne en titre -- parlant du film dans le Los Angeles Time :

"It is absolutely camp, sophisticated camp, the wildest of them all !"

Un volontaire pour les travaux pratiques ?

Enfin bref (disais-je il y a trois chapitres), BARBARELLA, c'est tout ce qu'on veut, et bien plus encore. Alors moi, aujourd’hui, modestement, humblement, je voulais AUSSI rappeller que BARBARELLA, ce fut pour Valentine un choc philosophique, peut-être pas aussi ébranlant que celui éprouvé à la vue de Sophie Marceau à "7 sur 7", mais quand même pas loin.

 Un choc philosophique, je vous dis !

Kant, Kierkegaard et consorts peuvent aller se rhabiller ; moi, ce soir (ou ce matin, ou cette aprème, selon l'heure à laquelle vous découvrirez ma bafouille), je vous propose la philosophie dans le boudoir intergalactique, selon Barbarella.
Tenez, comme ça, en passant, écoutez donc cet aphorisme qui sous sa fausse simplicité dénote une vision néo-existentialiste post-machin-trucmuche des plus pertinentes.


"Beaucoup de situations dramatiques commencent par des hurlements..."
 Quand je vous parlais de choc philosophique, hein ?

Sur ce, Barbarella ne vous dit pas adieu, mais "à bientôt", car elle devrait nous revenir assez vite... Elle a encore tant de choses à nous dire, la gueuse !

samedi 20 juin 2015

THE STOLEN HOURS (Les heures brèves, Daniel Petrie, 1963)

CAMPISSIMO ! #3

par Valentine Deluxe



Campissimo ! Clap 4ème !
Le rodage est terminé, on n'explique plus le principe ; vous l'avez compris, intégré, digéré.
Donc, dans cette rubrique, c'est service minimum : on veut du camp, du camp et  rien que du camp !
Au menu du jour : la migraine.

Vous et moi (enfin, surtout vous, car la Valentine a une légère tendance à se croire atteinte d'une maladie rare, chronique et au stade terminal au moindre toussotement), quand on se sent patraque, on sort un tube d'aspirine de la boîte à pharmacie, et on attend que ça passe.
Mais avec Susan Hayward, c'est tout de suite autre chose...

Susan Hayward a perdu ses clefs de voiture !
(Photo non contractuelle).

Un p'tit bobo, un caillou dans la godasse, un bus en retard, et hop !... Il  faut que Susan nous joue la Madone des 7 Douleurs, un oratorio mystique, une cantate funèbre, une messe de requiem, l’Adagio d'Albinoni, "Jeanne au bûcher", "Phèdre", la mort du cygne et celle du petit cheval !...
Et parfois même, comme ici, tout en une fois !
Allons vite vérifier ça :





Comme disait si bien Jean Cocteau : " Un peu trop, c'est juste assez pour moi"... et  pour Susan Hayward!

samedi 23 mai 2015

TORCH SONG (La Madone gitane, 1953) #4

Spécial Fête des Mères

LES BONNES COPINES DE VALENTINE # 8

Par Valentine Deluxe

Elle est de retour !!!  Qui ?... Mais Jenny Stewart, voyons !
Oui, je sais, on ne peut plus se passer d'elle... Mais bon, il faut bien reconnaître que "Torch Song" (qu'on ne vous présente plus), c'est un peu l'encyclopédie Universalis du Camp : c'est quasi exhaustif !
Une diva un peu méchante mais au grand cœur, un pianiste aveugle, un gigolo lèche-derche (normal pour un gig', me direz-vous), un chorégraphe trop poltron pour ne pas être un peu "sotte", un producteur trop faux-cul pour ne pas être un peu impuissant, un chien qui s'appelle Duchesse...
De tout, vous dis-je ! on trouve de tout là-dedans !
Il y a même -- ce qui tombe bien pour la thématique du jour -- une indispensable MAMAN TRÈS CHÈRE (avec la môme Crawford dans les parages, je ne pouvais pas laisser passer ça, excusez moi !)

Ne vous fiez pas à son air affable et souriant, 
elle va surement encore lui piquer de l'oseille !


Et là, d’un coup, tout s’explique, tout s’éclaire !
L’égocentrisme de Jenny, ses sautes d’humeur, ses coups de déprime, tout trouve son origine et sa cause dans la sacro-sainte matrice maternelle.
Ma' Stewart -- également une très bonne copine de Valentine, cela va sans dire --, quoi qu’on puisse en penser, n’est pas à proprement parler une genitrix horribilis comme nous aimons à les fêter chaque année à pareil moment.
Ma’ Stewart, c’est un être d’une générosité sans fond et qui ne regarde jamais à l’argent… surtout quand ce n’est pas le sien. 
Et quand ce n’est pas le sien, c’est forcément TOUJOURS celui de sa fille Jenny.
Ben oui, il fallait bien qu’il y eût un os dans la moulinette  -- je n’ose dire « une couille dans le potage », ce n’est pas du tout le style de la maison !--
Alors bon, la petite Jenny, on peut comprendre qu’elle soit devenue un peu châtaigne avec les années.
Vous avez déjà essayé, vous, de faire un câlin à une caisse enregistreuse ?...
 D’accord, ça fait « ding ding » -- ce qui amuse toujours les enfants --, mais pour les longues soirées d'hiver, c’est d'un contact un peu froid et rugueux.


Madame Stewart mère
(photo non-contractuelle)

Le pire, c'est qu'en plus de ses acrobaties financières -- comme disait si bien ce puits de bon sens qu'était feue ma mère-grand : "Il lui manque toujours 6 sous pour faire le franc" --, Ma' Stewart est coupable d'une indélicatesse autrement plus grave.
Non contente de voler de la façon la plus éhontée à Miss Crawford toutes les scènes qu'elles partagent (ce qui n'est pas un mince exploit), Marjorie Rambeau/Ma' Stewart enfoncera encore un peu plus le clou dans l’abcès en "chipant" la seule et unique nomination aux Oscars, au nez de sa vedette principale !
Mafia, empoisonnement ou accident de chasse : Crawford n'aurait jamais dû la laisser sortir vivante de leur première rencontre sur le plateau de "Laughing Sinner", 20 ans auparavant !

Crawford aurait dû la noyer à ce moment-là !

En plus -- pour notre plus grand plaisir --, elle a une façon imparable de soutirer des pépettes à sa superstar de fille.
Non que sa technique soit d'une subtilité folle, mais il faut au moins reconnaître que ça à l'air efficace.


Et comme cela semble marcher à tous les coups, on ne va pas se casser la tête pour changer une formule qui fonctionne... et qui rapporte !


Bon, à la décharge de Ma' Stewart, on pourra noter qu'elle n'est pas la seule à être un peu vorace, mais que toute la smala semble au diapason : ce n'est plus une famille, mais un banc de piranhas !


* "Lauging Sinner" qui, amusante coïncidence, est tiré d'une pièce montée à Broadway, et qui s'appelait justement... TORCH SONG -- bien qu'il n'y ait aucun rapport avec notre film du jour.

dimanche 8 mars 2015

FRANKENSTEIN CREATED WOMAN (Frankenstein Crea le femme Woman, 1967)

CAMPISSIMO! #2

Par Valentine Deluxe



Attention, nous avons atteint notre vitesse de croisière dans CAMPISSIMO, donc ça sera bref et concis !
Laissez-moi donc vous présenter notre bonne Christina.
Christina est tout ce qu'il y a de joviale, charmante, voire carrément primesautière : bref, une crème !
Oh, certes, sur le plan vestimentaire, ses goûts sont quelque peu rustiques -- voire agricoles --, mais nous ne pouvons lui en tenir rigueur.
Après tout,  elle vient de la province.
Laquelle ? Ça, je n'en ai pas la moindre idée, mais visiblement, c'est un endroit où l'on trouve plus de bras dans l'agriculture que dans la haute-couture.

Quoiqu'il en soit, Christina n'en est pas moins une personne absolument délicieuse.

Il n'y a qu'un "mais", c'est que -- comme dirait ce cher Norman Bates à propos de sa môman chérie -- "elle n'est pas toujours tout à fait elle-même"...
Tenez, aujourd’hui par exemple...




Vous voyez ? Même quand elle perd la tête: ça n'est pas la sienne !

vendredi 13 février 2015

VALLEY OF THE DOLLS (la vallée des poupés, 1969)

Campissimo!

Un flash-camp de Valentine Deluxe

Oh! une nouvelle rubrique !
Un bonheur ne venant jamais seul, j'y serai on ne peut plus brève ! (si !... juré-bavé !)
Dorénavant, dans Campissimo, on pourra parler de tout et de rien, mais jamais en plus de deux lignes, suivies d'un extrait à la limite de l'image subliminale.

Pour une attitude, une moue boudeuse, une réplique au vitriol, un regard empoisonné, comme ça, juste pour le plaisir.
Et basta !... simple non ?...

On y brisera même une règle aussi sacro-sainte que tacite en usage dans les colonnes de  MEIN CAMP depuis sa création :
Ne pas y aborder - fût-ce subrepticement -, des classiques ressassés et usés jusqu’à la trame, comme par exemple aujourd’hui, "La Vallée des poupées" de Mark Robson, adapté des Saintes Évangiles de Jacqueline Susann.

 Les bannis de MEIN CAMP 
(... jusqu'à aujourd’hui, en tout cas !)

Sur ce, levons le rideau sur notre numéro 1 !
Pour notre séance inaugurale, je voulais juste vous montrer :
Une emmerdeuse!
(... mais attention, le gros modèle !)
Or donc, je ne vous présenterai pas Neely O'Hara, parce je sais qu’elle meurt littéralement d'envie de le faire elle-même.
Attention, un, deux, trois, vas-y Neely, c'est à toi !


 Ah oui ! c'est tout notre petite Neely, ça :
c'est plus fort qu'elle, il faut TOUJOURS qu'elle en fasse trop!