"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



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samedi 14 décembre 2013

LE PEUPLE DE L'ENFER ("The Mole People", 1956)


Alors... On danse! #6  
par Valentine Deluxe

L'épisode d'aujourd'hui sera placé sous
le haut patronage 
de Saint-Casimir du divin gloubi-boulga.

Ce dimanche, chères meincampiennes et chers meincampiens, pour le 6ème épisode de notre thé-dansant, nous partons retrouver de vieux amis qui nous ont déjà fait naguère le bonheur de nous visiter (pas dans le sens biblique du terme, soyez rassurés !)
Oui, aujourd'hui nous retournons au pays des hommes-taupes, qui, comme nous le rappelle la chanson, "(...) est le pays joyeux des enfants heureux, des monstres gentils, oui c'est un paradis".

"...des monstres gentils , oui c'est un paradis!" (qu'ils disaient)
Et depuis notre dernière visite, elle n'a pas changé, cette terre bénie des dieux où coulent le lait et le miel, où chaque jour est une chanson, et où toutes et tous vivent dans l'harmonie et la béatitude.
Oups!... Non, crotte, ça c'est Shangri-La, pas le pays des hommes-taupes !!!

Oui, je sais, la ressemblance avec Casimir ne saute pas yeux, 
mais imaginez-le avec une touche d'orange...

Le pays des hommes taupes, c'est pas mal non plus, ceci dit ; c'est un peu comme "L'île aux enfants", mais avec plein de Casimirs partout, taillables et corvéables à merci, réduits aux tâches les plus ingrates et les plus infamantes.
"Germinal"  revu par Christophe Izard, quoi!
(Ah oui, je dois vous prévenir que pour comprendre toutes les subtilités de mon présent article, il va falloir avoir des bases solides dans la culture "génération gloubi-boulga" !...)

Elinu (Alan Napier) 
le Mr. Travelling du pays des hommes-taupes.

Parmi les personnages-clefs du merveilleux "Le Peuple des enfers" de Virgil Vogel (prononcez "vos gueules"... si si, je vous assure...), nous pouvons trouver un de mes vilains favoris :
Elinu, le grand prêtre de la cité-troglodyte, tout en sournoiserie et sourires fourbes... un peu comme une version "sous-terraine" de monsieur Travelling, le méchants impresario qui voulait capturer Casimir pour l'exhiber façon "King-Kong" (Toujours dans "L'île aux enfants" donc!... eh oui, je vous avais prévenus !)

Mr. Travelling (Sacha Briquet), le Elinu de L'île aux enfants.

Avec un œil très très aiguisé,  les fans de BATMAN reconnaîtront au passage Alan Napier, le fidèle majordome Alfred de la psychédélique version télévisée des aventures du super-héros bedonnant.
Pour introduire notre sacro-sainte chorégraphie dominicale, retrouvons donc le fielleux Elinu, prêt à envoyer un trio de donzelles au casse-pipe, le tout avec un sens de l'apparat et du décorum qui dénote l'homme "de bon goût"... si vous voyez ce que je veux dire !



(... oui, bref, sans vouloir balancer les copines, 
Elinu, elle me semble  folle comme un sac à main !)

Donc, comme dans "L'Age de cristal", on a trouvé un moyen imparable de contrôler la démographie : envoyer les pré-ménopausées à l'abattoir.
Rappelez-moi de ne jamais foutre le bout d'un escarpin dans c'te foutu bled ; je risquerais de n'y pas faire long feu !
Mais pour les accompagner de vie à trépas, nous avons notre traditionnelle séquence chorégraphique, sans laquelle cette rubrique perdrait sa raison d'être.
Enfilons donc notre indispensable maillot de corps, que nous accessoiriserons de jolis voilages façon "Loïe Fuller" pour donner une touche de poésie éthérée et aérienne à notre petite gymnastique.
Non, ne me remerciez pas, je n'y suis pour rien ; c'est Elinu qui a tout fait!



Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je ne fais pas un cinéma pareil à chaque fois que je dois faire une séance de banc solaire !

dimanche 8 décembre 2013

LE CULTE DU COBRA (cult of the cobra, 1955)

Alors... On danse ! #5

Par Valentine Deluxe



Souvenez-vous : lors de notre premier rendez-vous dansant, une Antinea peinturlurée comme une vache sacrée pour la fête du Pongal, exécutait de molles arabesques devant un tout fringant Jean-Louis Trintignant, aux limites de l'apoplexie.
Eh bien, revenons à ce genre de circonvolutions reptiliennes pour notre présent opus, mais en mettant cette fois la barre un cran au-dessus !
Alors aujourd'hui mes cadets, pour refaire chez vous notre nouvelle proposition acrobato-gymnique (ce qui, je ne vous le rappelle plus, est la base même de cette rubrique sponsorisée par l'ADEPS), va falloir suer dans son maillot de corps, et par grosses flaques encore !

Planquez les gosses, aujourd'hui, c'est un film de culte !

Bon, maintenant, passé les préambules, entrons s'il vous plaît dans le vif du sujet, avec la grande interpellation philosophico-sociétale du jour ! (Prenez une feuille et un stylo, vous avez 3 heures...)

"Qu'y a-t-il de plus crétin qu'un touriste ? "


Tous les touristes sont des crétins... sauf moi !

Ca se fagote d'une façon telle qu'à la campagne les enfants leur jetteraient des cailloux, ça bouffe du steak-frites en Thaïlande, ça trouve que les pyramides de Gizeh sont quand même fort abimées et que, bien sûr, l'Espagne c'est très joli, mais qu'on y rencontre beaucoup trop d'espagnols.
Donc, a priori, la réponse pourrait se formuler de la sorte :

"Rien!... Il n'y a rien de plus crétin qu'un touriste !"

Et là, Valentine arrive, telle la lumière de la Liberté éclairant le Nouveau Monde sorti du ciseau de Bartholdi, pour vous dire :

 "Eh bien, si !... Il y a BEAUCOUP plus con encore !"

Et d'ajouter sans coup férir :

"Il y en a qui sont touristes, Américains  et... DANS L' ARMEE !" (si !)

Touristes, américains et dans l'armée: 
Y'a pas a dire, ils sont pour le cumul de mandats !

Dans le merveilleux film qui nous occupe aujourd'hui  -- Le Culte du cobra de Francis Lyon, faut-il le rappeler ? -- , une bande de GI's en goguette va assister en "stoemelinckx"(1) à une cérémonie tout ce qu'il y a de secrète, avec pour seule consigne de se fondre dans l'assistance et, surtout, de ne pas se faire remarquer.
C'est que cette étrange assemblée va célébrer le culte de la femme-cobra, une charmante danseuse avec des chaussettes enfilées dans les mains, garnies de gros boutons pour faire la tête de ladite bestiole, et le corps engoncé  comme un boudin dans son boyau dans un collant bariolé (c'est en noir et blanc, mais on imagine bien que ça doit être chatoyant )


Regardez ce qu'on peut faire avec des vieux panties ! 

Evidemment, alors qu'on leur avait bien dit qu'il faudrait la jouer "discretos", le plus cornichon de la bande a quand même planqué son Kodak sous sa djellaba, pour ramener de jolis souvenirs à la maison.
Et comme, de plus, nous sommes en 1955, l'appareil photo a la taille d'un téléviseur -- pas à écran plat, la téloche !  Noooon ! Modèle "cathodique"! --, avec une ampoule pour le flash grosse comme un bocal à poisson.
Bravo pour la discrétion !
Bon, on va voir ce que ça donne ?... Je passe devant, suivez-moi :




Mettez ça dans un film aujourd'hui, et PAF ! vous seriez taxés fissa d'anti-américanisme primaire, et vous vous retrouveriez avec Amnesty, les commissaires de l'ONU (ceux de la chronique précédente !), le SCA (liste non exhaustive) sur le dos pour vous faire la peau !
Que voulez-vous, 1955, c'était le bon temps !

... A dimanche prochain!

(1) Argot bruxellois : "en catimini".

dimanche 1 décembre 2013

VEERANA (1988)

Alors... On danse! #4

Par Valentine Deluxe




"Le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs : on lui fait dire ce que l'on veut. "
Michel Audiard

Mais tout de même… 
Sur « Mein Camp », en plus de devoir assumer un titre qui nous aurait valu quelques bricoles aux heures les plus sombres de la Libération -- déjà que ma liaison avec Tino Rossi avait fait jaser --, nous devons aussi faire face aux attaques répétées des tenants du "politiquement correct" de tout crin. 
... Et boudiou, qu’ils sont nombreux, les bougres !...

Le Conseil de Sécurité de l'ONU s'intéresse au cas  "Mein Camp" !

Cette semaine, nous avions des émissaires de l’ONU dans les bureaux de la rédaction, épluchant comptabilité et articles, avec une avidité qu'on ne rencontre plus guère que chez le ténia ou la hyène, afin de régler notre compte avec des kilomètres de statistiques et des tombereaux de rapports et  de synthèses.
Implacables, cinglants, secs comme des coups de trique sur les fesses (ça, remarquez, quand c’est bien fait, s'il fait chaud et que j’ai bu, je ne suis pas contre...), les chiffres sont tombés :

Nous ne sommes pas équitables ; la parité on ne connaît pas !
(bouh-houh-houh, les vilaines !...)

Il me faut reconnaître malgré tout, le front bas et le menton tremblant, que tout confits dans leur arrogance et leur bouffissure qu’ils étaient, ils n’avaient pas non plus COMPLETEMENT tort, les salauds...
En effet, au long des 1O5 merveilleux articles sortis de nos plumes aussi lyriques qu'inspirées, nous pouvons dénombrer :
- 95 films Anglo-saxons (pour ne pas dire américains).
- 2 français, 2 japonais, 2 belges (si!... et tous les deux avec Delphine Seyrig !... Faut le faire !...), un italien, un autre made in Hong-Kong, plus quelques rares coproductions européennes... Ça fait pas lourd en cinématographies tiers-mondistes !
Alors, de deux choses l'une : soit on redresse la barre au plus vite -- c’est-à-dire maintenant --, soit ça sera embargos, blâmes et sanctions internationales !

Les émissaires de l'ONU, travaillant d'arrache-pied 
dans les bureaux de notre rédaction.(Photo non-contractuelle) 

Un embargo, pas besoin de vous faire un dessin, ça veut dire entre autres infamies,  plus une goutte de pétrole!  
Et vu qu'on se chauffe au mazout, pour deux grandes frileuses comme nous, je ne vous dis pas l'angoisse !  
Vous nous voyez, barricadées  et "embargotées" dans nos locaux, à devoir scier les pieds de chaises et de tables pour nous faire du bois de chauffage ?… BBJane contrainte de s’emballer les arpions dans sa collection de « Midi-Minuit Fantastique» pour échapper à la gangrène?… Votre Valentine coupant sa vodka à l’antigel pour ne pas tomber en hypothermie ? 
… Non, décidément, ça n’était pas envisageable. 
Alors, nous avons courbé nos fières échines et avons cédé aux diktats de la communauté internationale.
Qu'à cela ne tienne, si il n’y a que ça pour leur faire plaisir et nous éviter les engelures durant l’effroyable hivers Anicho-Liegeois, eh bien, on va leur en donner de la parité ! et de l’exotique encore bien !

Le terrible hiver anicho-liégeois !

Pour notre dansante rubrique dominicale, nouvellement placée sous le signe de l'équité culturelle, quittons les studios de Hollywood ou de London pour ceux de… Bombay ! 
Ah ! l’Inde, mystérieuse, colorée  et envoûtante ! (vous voyez, on fait « paritaire » aussi niveau clichés touristiques...)
Ce qui est pratique avec le cinéma indien, c’est que quel que soit le genre abordé (film policier, de guerre, épopée épique, ou comme aujourd’hui, film d’épouvante), faut toujours que ça chante et que ça danse… et ça, ça m’arrange!
Isabelle Adjani dans "la journée de la jupe" ???
Non, Jamsin-la-sorcière dans ses mauvais jours !

Dans "Veerana", un des meilleurs exemples de l’improbable et trop rare cinéma d’épouvante indien de la grande époque (nous sommes ici en 1988), le nœud de l’intrigue tourne autour d’une  charmante donzelle, dernière née d'une famille sur laquelle pèse une malédiction ancestrale.
Ladite imprécation fut lancée, comme il se doit, par une sorcière au faciès particulièrement disgracieux, du haut de son gibet, à l'heure funeste de son exécution.
Plus classique que ça, vous en conviendrez, c'est difficile. 
On dirait du Mario Bava de la grande époque... Remarquez,  avec Mario Bava, tout compte fait, il n'y a que de la grande époque!

Oh non ! elle va pas se mettre à chanter !
(si !)

Par contre, ce qu’on ne voit jamais dans un Mario Bava, c’est ça….
(Et je vous mets au défi de ne pas avoir le refrain en tête pour le reste de la journée !)



Stupéfiant n'est-ce pas?
Allez ! maintenant, on enfile son collant, on pousse les meubles et on se refait la choré chez soi ! 
... Et tout le monde chante avec Valentine, attention !... Troaaaa, Quat' ! : 
"Guru-guru-dada, guru-guru-dada, guru-guru-dada, guru-guru-dada, guru-guru-dada, guru-guru-dada..."

... A dimanche prochain !

dimanche 24 novembre 2013

ALERTE SATELLITE 02 (Moon zero two, 1969)

Alors... on danse #3

par Valentine Deluxe 



"J'y suis, j'y reste !" 
Tel sera mon credo du jour pour entamer ce nouvel épisode de notre belle saga dominicale.
Nous étions sur la lune dans l'épisode précédent, nous n'en bougerons pas pour ce présent opus.
Mais attention, aujourd’hui, si  nous alunissons, ce n'est pas pour y assister à une matinée-opérette du Châtelet de la grande époque...
Noooon ! Promis ! Ici déjà, c'est en couleur, c'est tout moderne, tout plastique et formica, eau-et-gaz à tous les étages,  le rêve de la ménagère !
Aujourd'hui, point de belles Amazites  (barbarisme made in Valentine, croisement entre "amazones" et "sélénites" ) fagotées comme des carêmes-prenants : on va faire dans le  sérieux, le scientifique !


Comme je vous disais : "sérieux et scientifique" !

Oui, enfin, nous sommes sur "Mein Camp", pas dans les colonnes de "Science et Vie", alors il faudra quand même prendre cette assertion avec un tantinet de recul, voire une sacrée dose de second degré.
Mais au départ, comme souvent, même dans les crimes les plus abominables, les intentions étaient tout ce qu'il y a de plus louables.
Nous sommes en 1969, l'homme a enfin mis le pied sur la lune (pour y faire quoi, par contre, ça, c'est une autre histoire !...)
Kubrick et son 2001 nous ont emmenés nous balader en Cinérama du côté de Jupiter et au-delà ; Jane Fonda a exécuté un magnifique et audacieux strip-tease en apesanteur dans Barbarella, bref la mode est au "spatial".
C'est comme ça, sans doute, que les pontes à la tête des glorieux studios Hammer  -- alors "glorieusement" en perte de vitesse -- se sont dit qu'il serait peut être temps de laisser tomber les vieux châteaux poussiéreux et les laboratoires ténébreux perdus sur les cimes brumeuses des Carpates, pour aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte... que les maigres dollars engrangés par leurs dernières productions.
... Et ailleurs, cette année-là, ça ne pouvait pas être moins que la lune !



Le 9 mai 2021, ça sera un... Dimanche ! 
(Fortiche la Valentine, hein ?) 

Mais comme souvent dans la production hammerienne de la fin des années soixante, on sent bien que, passé le postulat de départ -- produire une ambitieuse épopée spatiale -- personne ne savait trop quoi faire exactement.
Alors, faute de mieux, on a simplement cru bon de recycler un argument de western de série B, tel que la Republic Pictures en avait produit à pleines brouettes et pour pas cher.
On réquisitionne alors tout l'arsenal des clichés ad-hoc :
- la vieille mine d'or abandonnée
- l'escroc diabolique, avec à sa solde un pistolero aussi débile que sauvage, et quelques filles de mauvaises vies.
- et du côté des "gentils", le mercenaire désabusé et bourru mais ayant le coeur sur la main, ainsi qu'une frêle donzelle en détresse.
Mais qui dit western, fut-il spatial, dit aussi, bien sûr... le saloon, haut-lieu emblématique et incontournable s'il en est des films de garçons vachers.
Et dans tout bon western qui se respecte, si nous poussons la porte d'un saloon, nous croisons immanquablement un escadron de girls emplumées, tout en froufrous et bas résilles, exécutant  un simili-cancan endiablé pour le plus grand plaisir de la compagnie mâle des environs.



Un western, fut-il lunaire, se doit d'avoir un saloon, agrémenté 
de son indispensable corps de ballet !

Évidemment, si nous sommes sur la lune, aux alentours de 9 mai 2021, vous pouvez légitimement vous demander si le lever de gambette, tel qu'il se pratiquait du temps glorieux de Toulouse-Lautrec, est toujours d'actualité.
La réponse est non, of course ! Et le film ayant été produit pendant les plus belles heures du swinging London, nous allons tout de suite voir -- pendant que se trame le nœud d'une intrigue poussive et léthargique au possible -- que la chorégraphie du jour semble nettement plus influencée par le style « bidi bidi ba » d'Evan Evans / Louis De Funes dans L'Homme orchestre, que par les polissonnes acrobaties de la Goulue et de Grille d'Egout au Moulin Rouge. 


« Bidi bidi baaaa ! »
Evan Evans serait-il l'auteur caché de nos chorégraphies lunaires ???

Partons vite rejoindre James Olson (aucun lien de famille avec Nancy) notre grand crâneur de héros, qui camoufle tant bien que mal -- surtout mal -- une calvitie envahissante, selon la technique bien connue dite "du cache misère", qui consiste à ramener sur le côté les cheveux restant que l'on aura eu soin de laisser pousser démesurément afin de recouvrir l'espace dénudé... Jusqu'à preuve du contraire, ça n'a jamais trompé personne.

Et  notez bien au passage, qu'en plus d'ajouter à votre répertoire une nouvelle danse des plus caloriphages, vous apprendrez aussi un truc imparable pour ne pas devoir répondre à un coup de téléphone inopportun.





Et puisque vous avez été privés de danse dimanche passé, aujourd'hui, je vous en offre deux pour le prix d'une ; elle est pas belle la vie ?
Donc, après "Bidi bidi baaaa!", voici, public aimé, public choyé, une deuxième opportunité de brûler notre excédant pondéral et de raffermir fessier et adducteurs.

Madame, mesdemoiselles, messieurs, voici:  
 "La Danse du Dindon en rut"
(ainsi que l'indispensable recette du cocktail lunaire le plus en vogue alors : le jus de chou au kérosène !)




dimanche 10 novembre 2013

FUSEE POUR LA LUNE (Missile to the moon, 1958)

"... Alors on danse !" #2

Par Valentine Deluxe

 Sainte Mireille Dumas, 
madone des drag-queens désespérées,
priez pour nous !
 
Pour des raisons absolument indépendantes de l'insu de notre plein gré, nous n'avons pu vous livrer dans les délais requis - à savoir, dimanche passé - le deuxième chapitre de notre nouveau et passionnant  rendez-vous dansant.
Nous avions d'abord pensé vous le poster le lundi suivant, mais une rubrique dominicale un lundi ça ne faisait guère sérieux, notre image risquait d'en pâtir.
Mardi nous avions "piscine", mercredi "poney", donc pas possible non plus.
Ne disons rien du jeudi : Jeudi, c'est jeudi on ne travaille pas.
Quant à vendredi, c'est vendredi: on ne travaille plus.
Samedi on s’était bien dit que peut-être... et puis non ! 
Samedi c'est le jour  des courses, du ménage, des lessives, du coiffeur... Bref :  ce n'était absolument pas envisageable non plus.
Donc au final, nous revoilà dimanche et c'est très bien comme ça. 


Si c'est dimanche... alors on danse!

Bon, autant vous prévenir : va falloir pousser vos meubles pour pouvoir exécuter chez vous, la ci-devant chorégraphie.
Et oui, c'est que ça va remuer frénétiquement  du croupion aujourd'hui.
Alors vous avez plutôt intérêt à vous mettre à votre aise.

De plus,  alors que dans notre premier opus, tous les yeux étaient braqués sur les circonvolutions reptiliennes de la belle Antinéa, cette fois l'action sera diantrement plus chiadée à suivre !
Et si, lors de l'épisode inaugural, quelques esprits chagrins (j'ai les noms des meneurs dans mes dossiers, faites gaffe !) pouvaient penser que l'Atlantide, finalement, c'était pas le Pérou ; ici, la rédaction ne reculant devant rien pour vous éblouir, nous vous offrons rien moins que... la Lune


Sélénites ou Bluebell girls?
(en tout cas, c'est sûr, c'est pas le comité rédactionnel de Mein Camp !)


D'ailleurs, à ce propos, le film qui nous intéresse aujourd’hui ne s’embarrasse pas d’ambiguïtés du côté du titre : 
"FUSÉE POUR LA LUNE", c'est clair, net et précis, et ça devrait m'épargner la peine d'un résumé interminable : 
C'est l'histoire d'une fusée qui est en route  pour la Lune!


Au moins un titre qui ne vous trompe pas sur la marchandise !

Bon, maintenant, si vous voulez chipoter, il y a matière !
On peut en effet légitimement se demander comment il était Dieu possible, 10 ans seulement avant le fameux pas de géant pour l’humanité posé par Mr. Armstrong sur notre bon vieux satellite, que les auteurs de cet improbable chef-d'oeuvre aient étés encore assez cornichons pour nous dépeindre  l'astre lunaire peuplé d'une rocambolesque tribu d'amazones, fagotées comme des drag-queens chez Mireille Dumas, dans le spécial "Vie privée/Vie publique" d'un soir de réveillon !


Un petit pas pour l'homme, 
un grand coup de trompette pour l'humanité.


Et si il n'y avait que ça ! Mais en plus, c'est qu'elles sont châtaignes comme tout, les gueuses !
Déjà, il y a la plus moche du lot, comme souvent, qui veut être calife à la place du calife.
De plus, cette virago à la fâcheuse manie de faire jeter en pâture à une grosse araignée pelucheuse et passablement empotée, toutes les terriennes ayant l'outrecuidance d'être mieux roulées qu'elle (La virago, pas l'araignée!... suivez, bon sang !) 

Pendant ce temps-là, une autre sélénite trahit sa mère-patrie pour les beaux yeux d'un Yankee conquistador, et ce, alors même que le supérieur hiérarchique de celui-ci est sous l'emprise hypnotique de la première (Pas l'araignée, la virago!... je vous avais prévenus que ça ne serait pas du mille-feuilles ! )


 "Calife à la place du calife":
 la schtroumpfette Nina  Bara se prend pour Iznogoud.

Enfin, de toute façon, l'essentiel n'est pas là, puisque nous sommes ici pour...  Danser ! 
Alors attention,  le Grand Lido - c'est le nom de son altesse sérénissime la reine des amazones sélénites , je vous jure que je n'invente rien! -  avec le panache qu'on lui connaît, va lancer les réjouissances, et nous présenter notre nouveau numéro dansant : 

"Parle à ma main"



 

samedi 26 octobre 2013

L'ATLANTIDE (Antinea, l'amante della città sepolta, 1961)

"... Alors on danse !" #1

Par Valentine Deluxe



Rosy Varte, sainte-Patronne et inspiratrice de cette nouvelle rubrique.

 Plus que 66 jours avant de dire adieu à 2013 ! ...Vous faites quoi, vous,  pour les réveillons ?
Ça vous dirait une nouvelle thématique dominicale et hebdomadaire pour finir l'année ?
J'espère que la réponse collégiale sera un "Oui" retentissant, sinon, je risque de me retrouver toute coite avec mes 9 épisodes prévus sous les bras !

 Pour combattre le spleen des fins de week-ends, à la fin du siècle dernier, -- entre le 8septembre 1985  et le 6 juin 1992  pour être exact -- nous pouvions toujours compter sur les inénarrables  facéties de "Maguy".
Mais mon volumineux courrier pour pour réclamer la rediffusion de l'inépuisable sitcom  dans son créneau horaire d'origine étant resté lettre morte (...encore un coup bas de la direction socialo-maçonnique ça !), je crois que nous pouvons faire notre deuil de l'audacieux brushing de Rosy Varte :
Son retour n'est hélas pas à l'agenda des pontes du P.A.F. !


Antinéa aurait-elle bénéficié du même savoir-faire capillaire que Rosy Varte ?

C'est donc, il me semble, le moment idoine pour vous proposer un nouveau  petit rendez-vous régulier, concis et coloré pour égayer la langueur monotone des longs dimanches d'automne.
Au vu de la tranche d'âge des animatrices de votre blog préféré (oui, nous ne doutons de rien, c'est ce qui fait notre force !), la formule du "thé dansant" dominical me semblait tout ce qu'il y a de pertinent... C'était ça ou bien après-midi loto/macramé de toute façon !

"Alors on danse..."
tous les dimanches sur Mein Camp, garanti 100% "Stromae free"  !
(enfin, sauf aujourd'hui !) 

Chaque semaine un-e capitaine de ballet viendra vous proposer une nouvelle petite formule acrobatico-gymnique que vous pourrez à loisir essayer de suivre et de reproduire chez vous (... pour le flash-mob "spécial mein camp", on réfléchit encore au lieu...)
Ce qui nous permettra de raffermir les silhouettes fatiguées, mises à mal par les effets conjugués des lois impitoyables de la pesanteur et de la richesse des spécialités culinaires de saison (... Adieu salade, vive les plats en sauce ! Non, ne vous justifiez pas, je fais pareil !)

BBJane Hudson et Valentine Deluxe 
mettant en pratique les judicieux conseils de notre nouvelle rubrique.
(Photo non-contractuelle.)

Pour notre numéro un,  découvrons tout de suite la belle et gironde Antinéa, née de la plume pesante de Pierre Benoit dans son inépuisable ATLANTIDE.
Dans ses adaptations cinématographiques, de Stacia Napierkowska (la première en 1919) à  Haya Harareet (dans la version de Edgard G. Ulmer qui nous occupe ce jour), la mystérieuse souveraine semble avoir fait les beaux jours et les délices des actrices aux noms impossibles à épeler! Brigitte Helm étant l'exception qui confirme la règle.
La belle va exécuter pour notre plus grand plaisir (en tout cas pour le mien, là y'a pas de doute !) son célèbre numéro de contraction abdominale, qui aurait fait fureur dans les célèbres ballets Tiche-Adelle, ceux-là même qui ont fait les grandes heures du casino municipal de Vaux-sous-Chevremont.


 

                   De l'austérité empesée de Brigitte Helm au style "carnaval et cotillons" de Haya Harareet :
deux visages d'Antinéa (... oui, enfin, trois si on compte bien...)

Allons donc regarder les ondulations cervicales de notre belle des sables (puisque l'Atlantide, chez Pierre Benoit, n'a pas été engloutie par les eaux, mais par les dunes du Sahara).
Un style coloré et syncopé, entre danse-de-saint-Guy et crise d'épilepsie, quoi qu'un tantinet mollassons ("Bien, mais peu mieux faire..."), le tout devant des toiles peintes qui n'auraient pas dépareillé chez Méliès!
Attention, concentration !
Mlle Antinéa vous présente :
"Quand le naja jaillit"