"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



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samedi 24 septembre 2016

THE PRIME OF MISS JEAN BRODIE ("les belles années de miss Brodie", 1969)

"Comment clouer le caquet à une vieille pimbêche acariâtre."

Les bons conseils de Valentine #13
par Valentine Deluxe



Youpi !... C'est la rentrée !...
Disparues les hordes nauséabondes de petits morveux impertinents qui viennent brailler sous vos fenêtres à toute heure du jour et de la nuit. Les voilà sous les barreaux pour une nouvelle année scolaire, qu'on leur souhaite rien moins que carcérale. Ouf !...
N'allez surtout pas croire que je n'aime pas les enfants -- j'en ai encore mangé un ce midi -- ; mais il faut bien voir les choses en face : les enfants, c'est ingrat, bruyant et sale. En fait, c'est un peu comme les limaces : ça doit forcément servir à quelque chose, mais on n'a toujours pas trouvé à quoi !

Je ne ferais jamais de mal à un enfant
(mais à partir de deux, ça se discute...)

Ce préambule étant posé, je vais maintenant vous la jouer en mode "Campissimo", c'est-à-dire que mon intervention sera d'une longueur inversement proportionnelle à celle de l'extrait qui suivra.
C'est que cette fois, on n'est pas loin du record : 6 minutes top chrono!... C'est pas le moment de mettre du lait sur le feu.
Mais s'il est besoin de vous rassurer, je dois vous dire que dans ces 6 minutes de caviar absolu, il n'y a pas une virgule en trop, pas une respiration superflue, pas un battement de cil qui ne soit indispensable.
Impossible d'exciser, de charcuter, de raccourcir : c'est juste parfait comme ça, alors ne changeons rien.

Inclinaison du chef, foulard et mise en plis :
perfection absolue !

Notre ci-devant rubrique du jour aurait bien pu être labellisée "Les bonnes copines de Valentine", car nous allons y rencontrer l'une des plus incontournables potesses qui soient : Miss Jean Brodie, enseignante au lycée Marcia Blaine d'Edimbourg -- une maison tout ce qu'il y a de recommandable, soit dit en passant.
Si, en plus, la délicieuse et toujours élégante Miss Brodie est interprétée -- vous l’apprends-je ? J'en doute ! -- par la non moins irremplaçable Maggie Smith -- dans une de ses trop rares prestations oscarisées --, vous reconnaitrez tout de suite le caractère absolument indispensable de cette modeste babillarde.


Petite parenthèse : 
(je donnerais jusqu'au dernier cheveu de mon ultime perruque
 pour acheter ce disque qui n'est pas à vendre !!!...
Que vouliez-vous m'offrir pour la Saint(e) Valentin(e) ?...)

La parenthèse étant fermée, revenons à nos moutons.
Je dois vous dire que, si j'ai commencé mon ouvrage en vomissant, tel un félidé régurgitant ses boulettes de poils, mon allergie chronique et récurrente aux chiards de tout format, nous n'en verrons aujourd’hui pas l'ombre d'un mollet.
Mais en milieu scolaire -- et particulièrement à la Marcia Blaine School for Girls d’Édimbourg, Écosse --, le danger ne vient pas toujours d'en bas ; il peut fondre sur vous des plus hauts étages de la hiérarchie. 
Et comme souvent dans les écoles pour filles, fussent-elles d’Édimbourg ou d'ailleurs, ces échelons sont invariablement occupés par de vieilles filles austères, sexuellement refoulées, acariâtres et aigres comme du lait caillé.
Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, nous allons rencontrer une sorte de mètre-étalon de la vieille toupie acrimonieuse, 1 mètre 65 de frustration et de jalousie concentrées dans un tailleur étriqué de tweed empesé : la terrible Miss McKay !


Voldemort en tailleur de tweed !

Mais avec miss Brodie, admiratrice vibrante du Duce et du Codillo, chantage et intimidation sont menu fretin, zakouskis et petits fours !
Allons donc voir comment elle va claquer le beignet (périmé) de l'acerbe vieille seringue.
La recette est simple : brio, élégance et...  et ???...
PANACHE! 

Attention ! Vous êtes prêts pour la démonstration ? On a un bloc-note et un crayon à portée de main ?
C'est parti pour 6 minutes de pur bonheur.





dimanche 6 mars 2011

MASSACRE AU (MEIN) CAMP D'ETE


JUSTE UNE QUESTION DE BON SENS #2

par Valentine DELUXE
Panache et bon sens, nous l’avons vu, font souvent bon ménage ; du reste, nous porterions peu d’intérêt au second dans ces colonnes s'il ne se trouvait accolé au premier. 
Après le pragmatisme de Mme Rogo durant la petite croisière très « congés payés » qui servit de cadre au chapitre inaugural de cette rubrique, nous allons – heureusement – partir pour des sphères un chouïa plus élevées socialement, et des thébaïdes un tantinet plus sélectives quant à leurs fréquentations. Prenons par exemple la pension de Mlle Daphné Castle, une dame très bien qui arbore pour l’occasion la rousseur flamboyante de l’indispensable Maggie SMITH
La rousseur flamboyante de Maggie SMITH (cherchez l'erreur)
Une merveille de délicatesse et de raffinement, cette cahute perchée sur un pic rocheux au beau milieu de l'Adriatique ; et autrement plus classe que le rafiot pourri de madame Rogo – malgré tout le respect que j’ai pour elle, la tendre chérie... -
 Pour ce qui est de l’animation, y a pas un Club Méd qui pourrait faire le poids : pédalo le matin, meurtre l’après-midi, et résolution de l’énigme à l'heure du thé, entre petit gâteaux et sandwichs au concombre, par le plus célèbre Belge du monde (après Valentine DELUXE, il va sans dire), môsieur Hercule Poirot en propre personne, ici sous les traits à jamais indissociables du toujours génial Peter USTINOV (qui d’autre ???) 
Peut être moins oscarisé que les précédentes baguenaudes de Miss Christie, ce Meurtre au soleil ne fait pas pour autant dans le casting « bout de ficelle – selle de cheval ». 

Perdu dans une faune d’un haut niveau social, certes, mais néanmoins des plus pittoresques (James MASON, Sylvia MILES, Diana RIGG, Jane BIRKIN, ainsi que l’un des nombreux péchés de jeunesse de Valentine, le beau Nicholas CLAY), surnageant tant bien que mal et balloté entre la vulgarité des uns et le machiavélisme des autres, un personnage attire immédiatement notre attention par ses aphorismes mêlant distinction et ironie dans des proportions merveilleusement dosées : j'ai nommé Alex Brewster. 

Imaginez la progéniture improbable que Noël COWARD ou Cole PORTER auraient pu avoir avec la Duchesse de Windsor. Alliant l’esprit des pères, l’élégance de la mère, et la langue de péripatéticienne des trois, comment diantre voudriez-vous qu’il ne soit pas tout de suite une icône des plus incontournables, à mettre bien en avant dans notre vitrine « garce et glamour » ?
Nicholas CLAY & Diana RIGG
Oh mon dieu, suis-je sotte ! J’allais oublier l’essentiel : notre Alex Brewster ajoute à ces atouts déjà considérables, le bon goût d’être incarné par Roddy McDOWALL, plus folle qu’il n’aura jamais pu l’être à Hollywood, coincé entre un Lassie et six « Planète des singes » (« follitude » largement surlignée par le savoureux doublage de l’indispensable Jacques CIRON...) Pour cette petite sélection, point n’est besoin de situer l’action ou les personnages -- d'autant que je suis un peu épuisée par des semaines de surexposition médiatique (1) ; c’est d’une éloquence qui n’appelle aucun commentaire.

Qu’ajouter ? Rien, si ce n’est que je vous propose…




« La basse grossièreté remplace-t-elle l’esprit ? On s’interroge encore… »
Citez donc cette maxime incontournable et frappée au coin du bon sens quand des entreprises aussi triviales et bassement terre-à-terre que le fisc, l'EDF, ou quelque détestable créancier, auront l’audace et le mauvais goût de vous relancer pour de pénibles rodomontades d’origine pécuniaire. Y en a qui ne doutent de rien, vraiment ! Quant à…

« Dommage ! J’aurais trouvé ça d’un Louis XIV… » Ça, que diriez-vous de le garder pour le prochain freluquet qui jugera que ses 20 ans et son corps de rêve l'autorisent à rejeter d’un revers de sa main morveuse les propositions malhonnêtes et forcément indécentes que vous venez de lui susurrer dans le creux de l’oreille après avoir descendu votre 27ème Martini-dry de la soirée (avec ou sans olive). Je vous laisse le reste, prenez ce qui vous plaît, faites-vous en des doggy bags culturels, et refermez la porte en partant, moi je retourne me coucher.
(1) Ceux qui n’ont pas suivi l’éclatante ascension sociale de la demoiselle DELUXE peuvent bien retourner se terrer dans la grotte humide et impénétrable où ils ont dû passer ces 2 derniers mois pour rester imperméables à ces trompettes de Jéricho qui en ont rendu sourdingues plus d’une. Allez hop ! Caltez volailles, ce n’est pas l’armée du salut ici !

vendredi 2 juillet 2010

COMMENT MENER LA LUTTE DES CLASSES AVEC PANACHE


LES BONS CONSEILS DE VALENTINE #7

par Valentine Deluxe


Le panache (j'espère que vous l'avez compris, maintenant !) est un combat de tous les instants… Et si cet aphorisme ne s’est pas encore imposé à vous depuis que vous fréquentez ce blog, alors j’abandonne tout espoir de vous voir jamais atteindre les strates glamoureuses du cercle très fermé des Vraies Grandes Dames… Tant pis pour vous, on n’est pas à l’Armée du Salut, ici !...
Donc, et seulement pour celles et ceux qui suivent, nous savons qu’il n’est pas une phase de notre existence où, aussi cinglant et incontournable qu’un coup de cintre en fil de fer sur les fesses de Christina CRAWFORD, l’angoissant dilemme ne se pose :

… avec ou sans panache ?

Christina et maman (laquelle est la plus cintrée ?)

Si, dans certains cas de figure (ici, , ou encore ), la question ne se pose même pas -- car telle la bave aux babines du chien de monsieur Pavlov, la G.D.A. (Grande Dame Attitude) s’enclenche automatiquement avec l’efficience et la rapidité de la police suisse dès qu’elle se met en tête d’arrêter des réalisateurs polonais semi-grabataires sur le tarmac des aéroports --, parfois on peut être pris de court face à telle ou telle situation imprévue.
Nous allons donc passer à une simulation autrement plus subtile et politisée que l’utilisation d’un escalator ou la crémation d’une cibiche :
… la lutte des classes !


Déjà -- et je sens que je vais vous emboucher (sic) un coin (tout au moins aux vilaines langues qui me reprocheraient d’être plus souvent qu’à mon tour du mauvais côté de la barricade, et me situent politiquement quelque part entre Pinochet et Hitler) --, sachez qu'il n’est point nécessaire, pour réussir cet exploit, d’être née avec dans la bouche une cuillère en argent poinçonné de chez Christofle !
Que nenni !… Prenons l’exemple suivant...
D’un côté, vous avez Mme Von Schiller.
Momifiée de pied en cap dans des tombereaux de dentelle fine et de perles de Bruges (oups !… au temps pour moi, c’était l’inverse !...), méchante comme un pou, et, bien qu’elle ait comme on dit chez nous (enfin, surtout chez moi) « le cul cousu de broque », il se trouve qu’en plus, elle est voleuse comme une pie.
Pas besoin de passer trois heures à faire thèse, antithèse et synthèse : c’est une garce de compet’, ça, y a pas de doute...
Les dernières heures d’une existence que l’on devine toute en pompes et circonstances, elle les passe à rendre aussi misérables que possible celles de sa dame de compagnie, une certaine Mlle Bauwers.
Et cette demoiselle Bauwers, c’est l’adversaire !
Physique ingrat en lame de couteau et sans un penny vaillant en poche, on pourrait la croire de peu de poids niveau répondant pour clouer le bec à son poison de patronne .
Surtout quand celle-ci est incarnée avec jubilation (et panache !...) par une Bette DAVIS merveilleusement sublimée par les incroyables toilettes sorties de l’imagination d’Anthony POWELL.
Signalons au passage, pour votre édification personnelle, que ce maître en fanfreluches et falbalas rafla pour l’occasion un des 3 Oscars qui égaient, depuis lors, son manteau de cheminée -- récompense plus que légitime pour les somptueuses créations qui transforment ce whodunit des plus classiques (voire poussiéreux et bavard) en un défilé de mode des plus éblouissants.
C’est sûr que pour aller crapahuter dans le désert à dos de chameau, niveau élégance, ça a quand même une autre gueule que le mauvais goût criard des perruches de SEX AND THE CITY 2 (je fais des neuvaines tous les soirs en priant pour qu’elles s’arrêtent là, et ne nous commettent point un nouvel opus !… enfin, on n'est pas à l’abri d’un malheur !...)



Seulement -- et pour suivre, n’oubliez pas de faire le lien avec le début du paragraphe précédent, sous peine de piger que dalle à mon développement --, y a un os dans la moulinette... un os du genre « gros modèle »...
A ce niveau-là, c’est même plus un os, c’est carrément un squelette de tyrannosaure, car il se trouve que pour interpréter celle que l’on serait déjà tenté d’appeler « cette pauvre Miss Bauwers », les producteurs n’ont pas fait non plus dans les fonds de tiroirs, et c’est Maggie SMITH, la prima donna du théâtre anglais, qui va enfiler les gants et monter sur le ring !
Ce qui fait que la moindre scène que ces deux oiseaux (de proie) se partagent becs et ongles, pour brève qu’elle soit, se transforme en feu d’artifice, avec en guise de feux de bengale, toute une anthologie de garceries de haut vol et autres sucreries à l’arsenic, où, évidement tous les coups sont permis, surtout les plus bas !



Bette & Mag

Maintenant, ouvrez grand vos portugaises, et surtout, retenez bien : y a quelques petites vacheries qui pourront toujours servir dans un dîner en ville, si jamais vous deviez vous retrouver en panne de… de ?...
… P.A.N.A.C.H.E voyons ! (pfffff !)