"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



dimanche 24 avril 2011

LA MUSIQUE DES SINGES


LA MUSIQUE ADOUCIT LES MŒURS #6

par Valentine Deluxe

Puisque nous sommes peu ou prou en semaine sainte (tout dépend du temps qu’il m’aura fallu pour pondre cette pige et la remettre à ma vénérable et vénéneuse rédactrice en chef, Mère BBJane Hudson de la Descente de Croix – admiration, contrition et génuflexion en passant ! ...), je me disais qu’il serait peut-être opportun d’élever le débat, en ce jour de la Saint-…... (je vous laisse remplir idoinement les petits points par le saint patron du jour de la publication), à un niveau de pieuse dévotion rarement atteint en ces pages.

Le saint du jour

Loin de moi l’idée de vous faire passer pour d’odieux mécréants, mais regardons les choses en face : si vous êtes présentement en train de lire ma délicieuse bafouille, c’est que -- comme votre Valentine chérie -- vous vous voyez plutôt aller en pèlerinage sur les tombes de la Très-Sainte Gloria SWANSON ou de l’Immaculée Joan CRAWFORD (vous n'ignorez pas combien la tendre chérie était à cheval sur l’hygiène) que de pousser des tétraplégiques qui n’en finissent pas de baver leurs derniers soupirs glaireux dans une petite carriole couinant sur le tarmac de Lourdes un jour de procession -- nous sommes bien d’accord ! ( ?)

Effigies bénies de la Très-Sainte et Très-Traplégique Joan Crawford et de l'Immaculée BBJane

Mais si je dois vous ramener sur les verts arpents du p’tit Jésus, il va de soi que ça ne sera pas pour aller écouter un office « Vatican II », dans une arrière-salle paroissiale aménagée hâtivement dans un pavillon préfabriqué d’une quelconque banlieue grisâtre et embrumée par les miasmes dioxinés que crachotent les cheminées branlantes des dernières hauts-fourneaux non encore délocalisés des environs (vous noterez au passage que ce n’est toujours pas cette fois que j’arriverai à faire des phrases courtes !!!)

Non, vous pensez bien que je vous ai forcément dégotté la crème de la crème de la liturgie panachée !... Déjà, rien que pour vous situer le niveau : on trouve Victor BUONO parmi les officiants... si ce n’est pas un gage de panache ça ???

Sainte-Victorine de la Suave-Obésité

Où sommes-nous ?… Eh bien, dans les décombres irradiés de la Grande Pomme (passablement fripée ici), la Sodome du Nord, Nova York l’orgueilleuse, et plus précisément dans ce qui semblerait être les ruines de la cathédrale Saint-Patrick, en l’an 3 000 et des poussières, date à laquelle notre chère vieille Terre est devenue … « la Planète des Singes » !

S'il y en avait encore parmi vous que ne connaissaient pas le twist le plus éventé de toute l’histoire du cinéma, et ben voilà, c’est fait !« La Planète des singes », c’est la Terre !... D’ailleurs, si vous me permettez un petit coq-à-l’âne dont j’ai le secret : quand j’étais petiote, je m’amusais comme une folle à "singer" (c'est le cas de l'écrire !) le grand Charlton HESTON à la fin du premier chapitre de l’interminable saga simiesque, en refaisant la légendaire Cène… heu ! scène finale du film, devant une reproduction touchante de maladresse de Lady Liberty. Ainsi martelais-je de mes petits poings serrés le sable humide d’une plage de la Vlamse Kust, (du temps où elle s’appelait encore la côte belge), devant un parterre de vacanciers médusés, en hurlant comme une Linda BLAIR en pleine crise de foi :

« Ce monde de dingues, c’était... LA TERRE ! »

(Il m’est aussi arrivé de gueuler : « Le soleil vert, c’est de la chair humaine ! », devant un Big-Mac d’une enseigne de fast-food trop connue pour avoir l’honneur d’être citée ici, mais là, je m’éloigne du propos !)

Ici, grâce au deuxième opus de la fameuse saga, je me propose de vous confier le fameux « secret » de ladite planète (enfin, son deuxième secret, puisque le premier, je vous l'ai révélé un paragraphe plus haut).

Eh bien, figurez-vous que tous les dimanches que le Bon Dieu fait, à l’heure de l’apéro, merveilleusement drapés dans des chasubles que n’aurait point renié un Paco RABANNE en plein choc mystique, une bande d’adorables illuminés se réunissent pour adorer quoi ? je vous le donne en mille !… LA BOMBE !... (à chacun ses marottes, nous ne sommes pas là pour critiquer...)

Le problème, c’est que cette foutue bombe (sans doute aussi poreuse que le sarcophage de Tchernobyl), a rendu tout ce beau monde plus radioactif qu’une prostate de pompier de Fukushima. De quoi faire chanter l’Ave Maria de Gounod à un compteur Geiger !

Une prostate de pompier de Fukushima (avant/après)

Tout cela ne serait que passablement contraignant si nos paroissiens n’étaient affligés, pour la cause, d’un problème cutané des plus embarrassants... A tel point qu’ils ont cru bon (pour des raisons que nous éviterons de creuser afin de ne pas embarrasser le scénariste responsable de cette trouvaille à la logique contestable) de revêtir la plupart du temps des masques façon « Fantômas », qu’ils ne retirent que pour adorer… LA BOMBE !

Bon, alors, on va la voir ?… Comment « qui ça » ???... Mais voyons… LA BOMBE !!!...


PS : Evidemment, si je vous dis que les décors de la Cité Interdite sont faits avec les débris du restaurant de Hello Dolly, vous allez vous écrier : « La voilà qui recommence avec ses carabistouilles ! », et courir fissa mettre un cierge à Saint-Alzheimer… Et pourtant, j’vous jure! Va vraiment falloir que je vous fasse une rubrique sur l’art de recycler les décors à la Twentieth Century Fox -- cochonne qui s’en dédit !...


jeudi 24 mars 2011

MICHAEL GOUGH (1916-2011)

par BBJane HUDSON

L'un des derniers survivants de l'Age d'Or de l'épouvante anglaise (après lui, ne restent plus que Christopher LEE et Herbert LOM), Michael GOUGH, disparu le 17 mars dernier, fut le comédien le plus Camp de cette lignée d'interprètes qui, de Peter CUSHING à Donald PLEASENCE, en passant par Anton DIFFRING et Ferdy MAYNE, acquirent la célébrité et un statut "culte" en se spécialisant dans le domaine de l'horreur lorsque le genre connut une nouvelle vogue en Angleterre à la fin des années 50, et alors que rien ne les y prédisposait particulièrement.


Si la plupart de ces acteurs, de solide formation théâtrale, se distinguèrent à l'écran par un art consommé de la nuance et de l'économie de moyens (contrairement à une star américaine comme Vincent PRICE, adepte de la démesure et de la distanciation campy), GOUGH se signala dès son premier rôle en vedette dans l'épouvante (le criminologue meurtrier Edmond Bancroft de Crimes au musée des horreurs) comme ce qu'il est convenu d'appeler "un cabot" (appellation nullement péjorative à mes yeux) : hyperexpressif, outrancier, refusant tout naturalisme en faveur de la performance voyante, il se créa un personnage excessif et flamboyant, à la fois inquiétant et drôle. Ce registre auquel la plupart des comédiens britanniques sont fermés (du moins à l'écran, car il en allait tout autrement sur les planches pour les acteurs de la génération de GOUGH), en fit l'héritier d'une tradition grand-guignolesque, très démonstrative et queer, que l'on rencontre plus fréquemment aux Etats-Unis que sur les verts rivages de la perfide Albion. A vrai dire, un seul comédien anglais (monstrueusement négligé des fantasticophiles) osa se risquer avant lui sur le terrain savonneux de l'emphase Camp : j'ai nommé Tod SLAUGHTER, diva masculine du mélodrame horrifique dans les années 30/40...

Tod SLAUGHTER, barbier dément de Fleet Street, bien avant Johnny DEPP

Il y a chez GOUGH un goût enivrant du vertige pataphysique, de l'exagération clownesque, voire de l'élucubration follingue, que l'on rencontre rarement chez les ténors de l'épouvante anglaise que sont CUSHING et LEE, dignes représentants d'une retenue typiquement "british" qui, pour être admirable sur le plan dramatique, est parfois frustrante pour les amateurs du cinéma fantastique, souvent partisans du second degré...

GOUGH dans Le Fantôme de l'Opéra de Terence FISHER (1962)


Je ne vois de meilleur hommage à lui rendre que de reproduire la notice que lui consacra Jean-Marie SABATIER dans son mythique Les Classiques du cinéma fantastique, l'un des premiers ouvrages dédiés au genre en France, et, à ce jour, le plus pertinent jamais publié...


Jean-Marie SABATIER n'avait qu'une vingtaine d'années lorsqu'il signa en 1973 cette somme d'une folle érudition. Certains de ses amis, comme Jean ROLLIN et Alain VENISSE, m'ont brossé de ce cinéphage fantasticophile un portrait étonnant : mal à l'aise dans son époque et affichant des attitudes aristocratiques, il refusait le tutoiement, même avec ses amis les plus proches, et finit par se retirer dans une abbaye qu'il avait achetée, coupant tous les ponts avec son entourage. Ses camarades critiques se demandèrent souvent comment il put écrire, à un aussi jeune âge, un ouvrage si parfaitement documenté à une époque où la vidéo, le DVD et internet n'existaient pas... Vers la fin des années 70, ayant rejeté toute vie sociale, il ne donnait de ses nouvelles qu'à sa mère, qui gardait le secret sur son lieu de résidence. Il semble d'ailleurs que nul ne sache vraiment s'il est aujourd'hui décédé ou vivant...
Monsieur SABATIER, où que vous soyez, cette chronique vous est dédiée...

Michael GOUGH par Jean-Marie SABATIER :

Jouant admirablement de son physique étrange, il sait rendre marquante une simple silhouette (le commissaire-priseur, presque figurant dans The Skull) ou animer le personnage le plus terne (l'insignifiant Arthur Holmwood dans Horror of Dracula). Excentrique et cabotin dans les limites de crédibilité qu'il sait ne jamais excéder, il use de son jeu fortement "distancié" pour caricaturer des personnages cyniques, un rien tarés et innocemment sadiques. Il est l'écrivain dément de Horrors of the Black Museum qui, désireux de posséder un "Musée Noir" plus impressionnant encore que celui de Scotland Yard s'amuse à commettre en dilettante quelques assassinats amoureusement raffinés pour l'unique joie de collectionner les armes du crime et de conter à ses lecteurs, avec moult croustillants détails, l'extatique beauté des agonies. Il est l'aristocrate vicelard de The Phantom of the Opera ou, dans The Black Zoo, le doux adhérent de la S.P.A. qui, jouant Bach sur son orgue, s'interrompt de temps à autre pour faire distraitement dévorer par ses félins quelque importun visiteur.


Son meilleur rôle, hélas trop épisodique, il le tient dans Dr. Terror's House of Horrors dont la présence de GOUGH au générique est d'ailleurs le seul intérêt : il faut le voir confectionner des grenouilles en papier et les agiter à la barbe de Christopher LEE tandis que celui-ci porte un toast devant une officielle assemblée. Spécialisé dans les rôles d'artistes et d'esthètes décadents, il est normal que les producteurs le délaissent un peu : il est trop personnel, trop ironique et trop hautain pour faire carrière dans un cinéma où l'uniformité des médiocrités est souvent règle d'or. Car avec un peu de talent et de bonne volonté, ses réalisateurs en auraient aisément pu faire quelque équivalent d'un LUGOSI dans les années 60.


HORROR HOSPITAL (Anthony BALCH, 1973) :



Un hommage rendu à Michael GOUGH par un usager de YouTube (Daswoin) (ou comment la jeune génération, incapable de voir plus loin que les années 1990/2000, résume le travail d'un acteur à son seul rôle du serviteur de BATMAN... Mais bon, c'est mieux que rien...)



dimanche 6 mars 2011

MASSACRE AU (MEIN) CAMP D'ETE


JUSTE UNE QUESTION DE BON SENS #2

par Valentine DELUXE
Panache et bon sens, nous l’avons vu, font souvent bon ménage ; du reste, nous porterions peu d’intérêt au second dans ces colonnes s'il ne se trouvait accolé au premier. 
Après le pragmatisme de Mme Rogo durant la petite croisière très « congés payés » qui servit de cadre au chapitre inaugural de cette rubrique, nous allons – heureusement – partir pour des sphères un chouïa plus élevées socialement, et des thébaïdes un tantinet plus sélectives quant à leurs fréquentations. Prenons par exemple la pension de Mlle Daphné Castle, une dame très bien qui arbore pour l’occasion la rousseur flamboyante de l’indispensable Maggie SMITH
La rousseur flamboyante de Maggie SMITH (cherchez l'erreur)
Une merveille de délicatesse et de raffinement, cette cahute perchée sur un pic rocheux au beau milieu de l'Adriatique ; et autrement plus classe que le rafiot pourri de madame Rogo – malgré tout le respect que j’ai pour elle, la tendre chérie... -
 Pour ce qui est de l’animation, y a pas un Club Méd qui pourrait faire le poids : pédalo le matin, meurtre l’après-midi, et résolution de l’énigme à l'heure du thé, entre petit gâteaux et sandwichs au concombre, par le plus célèbre Belge du monde (après Valentine DELUXE, il va sans dire), môsieur Hercule Poirot en propre personne, ici sous les traits à jamais indissociables du toujours génial Peter USTINOV (qui d’autre ???) 
Peut être moins oscarisé que les précédentes baguenaudes de Miss Christie, ce Meurtre au soleil ne fait pas pour autant dans le casting « bout de ficelle – selle de cheval ». 

Perdu dans une faune d’un haut niveau social, certes, mais néanmoins des plus pittoresques (James MASON, Sylvia MILES, Diana RIGG, Jane BIRKIN, ainsi que l’un des nombreux péchés de jeunesse de Valentine, le beau Nicholas CLAY), surnageant tant bien que mal et balloté entre la vulgarité des uns et le machiavélisme des autres, un personnage attire immédiatement notre attention par ses aphorismes mêlant distinction et ironie dans des proportions merveilleusement dosées : j'ai nommé Alex Brewster. 

Imaginez la progéniture improbable que Noël COWARD ou Cole PORTER auraient pu avoir avec la Duchesse de Windsor. Alliant l’esprit des pères, l’élégance de la mère, et la langue de péripatéticienne des trois, comment diantre voudriez-vous qu’il ne soit pas tout de suite une icône des plus incontournables, à mettre bien en avant dans notre vitrine « garce et glamour » ?
Nicholas CLAY & Diana RIGG
Oh mon dieu, suis-je sotte ! J’allais oublier l’essentiel : notre Alex Brewster ajoute à ces atouts déjà considérables, le bon goût d’être incarné par Roddy McDOWALL, plus folle qu’il n’aura jamais pu l’être à Hollywood, coincé entre un Lassie et six « Planète des singes » (« follitude » largement surlignée par le savoureux doublage de l’indispensable Jacques CIRON...) Pour cette petite sélection, point n’est besoin de situer l’action ou les personnages -- d'autant que je suis un peu épuisée par des semaines de surexposition médiatique (1) ; c’est d’une éloquence qui n’appelle aucun commentaire.

Qu’ajouter ? Rien, si ce n’est que je vous propose…




« La basse grossièreté remplace-t-elle l’esprit ? On s’interroge encore… »
Citez donc cette maxime incontournable et frappée au coin du bon sens quand des entreprises aussi triviales et bassement terre-à-terre que le fisc, l'EDF, ou quelque détestable créancier, auront l’audace et le mauvais goût de vous relancer pour de pénibles rodomontades d’origine pécuniaire. Y en a qui ne doutent de rien, vraiment ! Quant à…

« Dommage ! J’aurais trouvé ça d’un Louis XIV… » Ça, que diriez-vous de le garder pour le prochain freluquet qui jugera que ses 20 ans et son corps de rêve l'autorisent à rejeter d’un revers de sa main morveuse les propositions malhonnêtes et forcément indécentes que vous venez de lui susurrer dans le creux de l’oreille après avoir descendu votre 27ème Martini-dry de la soirée (avec ou sans olive). Je vous laisse le reste, prenez ce qui vous plaît, faites-vous en des doggy bags culturels, et refermez la porte en partant, moi je retourne me coucher.
(1) Ceux qui n’ont pas suivi l’éclatante ascension sociale de la demoiselle DELUXE peuvent bien retourner se terrer dans la grotte humide et impénétrable où ils ont dû passer ces 2 derniers mois pour rester imperméables à ces trompettes de Jéricho qui en ont rendu sourdingues plus d’une. Allez hop ! Caltez volailles, ce n’est pas l’armée du salut ici !

vendredi 11 février 2011

LA MUSIQUE ADOUCIT LES MOEURS (et dissout les neurones...)


par Valentine Deluxe


Force est de reconnaître que, jusqu'à présent, nous fûmes plutôt timides question exotisme... Oh, bien sûr, pour ce qui est des Grandes Dames qui font des crises d’hystérie dans des escaliers sunset-boulevardiers, des dialogues ampoulés et grandiloquents, des dictionnaires complets d’insultes et noms d’oiseaux raffinés : geen probleem ; mais dès qu’il s’agit de voyager, on se timore, on se grippe, on se referme comme des huîtres : pas question de sortir des 52 états de l’oncle Sam !... Le kitsch, le camp, et l’excès seraient-ils des spécialités locales d’appellation contrôlée, comme l’andouille de Vire ou les bêtises de Cambrai, directement importés de la machine à rêve hollywoodienne ?... Voilà une épineuse question qui a bien souvent fait l’objet de débats de haut niveau au sein de la rédaction de votre blog préféré !... (Bon... au passage, faut reconnaître que question rédaction, Mein Camp n'est pas non plus le Daily Planet ! Si je compte bien, nous sommes deux en tout et pour tout ; nos bureaux occupent une loge de concierge rue Lepic, qu’on sous-loue tous les premiers mercredis du mois à des fourreurs Libanais partis en livraison ce jour-là -- Oups ! excusez la digression parasite, je me reprends de suite...)


Destination : Tokyo

Eh bien, pour aujourd’hui – une fois ne sera peut-être pas coutume –, cassons les habitudes et embarquons à bord du vol 714 pour Tokyo, histoire de nous offrir une virée mémorable dans un night-club select du coin... Musique pop au message écolo d’une naïveté désarmante (qui a dit « pléonasme » ???), projections psychédéliques baveuses à vous donner la nausée, danseurs hystériques dont les déhanchements syncopés évoquent dans des proportions qui restent à déterminer des bovidés atteints du syndrome de Creutzfeldt-Jakob et les crises d’épilepsie mystiques de Vanessa REDGRAVE dans Les Diables. Le tableau pourrait sembler assez chargé comme ça... Eh bien, détrompez-vous ! Car voilà que débarque, au moment le moins opportun, un invité surprise aussi encombrant que visqueux, gluant et nauséabond – je ne sais pas ce que vous en dites, mais moi, tout ça suffit largement à faire mon bonheur !

L'invité surprise, gluant, visqueux et nauséabond.

Avant d’aller plus loin, il faut que je vous fasse une chtite confidence. Vous ne le saviez peut-être pas, mais votre servi… trice ? teuse ?… enfin, votre Valentine, elle kiffe à donf’ (comme disent les jeunes d'aujourd'hui) les grosses bestioles issues des cauchemars cathartiques de l’inconscient collectif niponais post-nucléaire. Autrement dit : Godzilla, Mothra, Gamera, King-Ghidora, Ebirah, etcetera (là, ce n’est pas le nom d’un monstre, c’est une locution latine...) ; bref, toutes ces abominations écloses des retombées traumatiques consécutives au largage de Little Boy sur Hiroshima (encore un truc en « A », comme la bombe du même nom...) Parmi ce défilé de monstruosités qui ferait chanter la Marseillaise à un compteur Geiger, un de mes préférés (un ou une, son sexe reste assez difficile à établir formellement) est la puante et crapoteuse bestiole surnommée par un gamin des plus agaçants « Hédora » (dénomination reprise sans sourciller par les autorités, les médias et les plus hautes sphères de l’Empire du Soleil Levant).

Fruit des amours d’un fût de déchets radioactifs et d’une bestiole préhistorique gros modèle sur laquelle on aurait renversé le contenu d’un camion poubelle, il faut bien reconnaître que dans le genre « délit de faciès », Hédora se pose là !... Et dire qu’il y a des ados qui vous pondent une pièce de Claudel pour une pustule sur le menton, non mais, j’vous demande un peu !... Bon, en parlant de Claudel, j’ai juré que je ne vous ferai pas une paire de souliers de satin avec cette bafouille, alors, on y va au taquet : retournons fissa dans cette boîte de nuit où va s’inviter « sans coup fait rire » le débonnaire mais fort encombrant Hédora... Le flash existentiel qui s’impose à nous en visionnant l’objet du délit ci-joint, pourrait se résumer en une candide formulation : « Mais qu’est ce qu’ils ont bien pu prendre comme substances illicites pour nous pondre ça ?...» Réponse : « Je ne sais pas, mais c’est de la bonne ! »

On va voir ?... Attachez vos ceintures, ça va dépoter !...




dimanche 23 janvier 2011

COMMENT FAIRE DES MISERES A UNE INFIRME EN PUBLIC


LES BONS CONSEILS DE VALENTINE #12

par Valentine DELUXE

AVERTISSEMENT : cette bafouille aurait dû vous être livrée, très chers lecteurs, avant le fatal crépuscule de l’année 2010. Mais les rédactrices de votre blog préféré ne travaillant que par l’intermédiaire de pigeons voyageurs (un système qui, ceci dit, a fait ses preuves en des temps plus troublés, de Verdun au Chemin des Dames), la météo a quelques peu contrarié ce mode d’échange épistolaire.

Vague de froid oblige, c’te pov’ piaf s’est retrouvé congelé façon Hibernatus, quelque part entre Fexhe-le-Haut-Clocher et Aniche. On attendait le dégel avec impatience pour retrouver la trace du disparu, mais les crues qui ont suivi ont entraîné la malheureuse bestiole jusqu’aux confins de l’estuaire de la Loire. Les restes du valeureux soldat des airs ont été ensuite rapatriés par malle-poste jusque dans l’antre de notre bien aimée rédactrice en chef, la grande, éblouissante et irremplaçable BBJane HUDSON (j'en ai profité pour envoyer par le même volatile une velléité d’augmentation salariale...)


Notre pigeon voyageur, devant le sapin de BBJane.


Donc, en lisant cette nouvelle chronique, nous sollicitons votre haute bienveillance : faites donc comme si nous étions encore entre deux réveillons.

Je compte sur vous, hein !?!

Pour employer une formule qui a fait ses preuves, je commencerai par : « Il était une fois… »

Sur Mein Camp comme ailleurs, les fêtes de fin d’année battent leur plein... Notre BBJane adorée est en train de farcir son rat pour le réveillon (le secret de sa farce : moitié crème de marrons, moitié litière pour chat, ça donne un petit côté croustillant inimitable), et Valentine s’entraîne pour le Mémorial Shelley WINTERS, catégorie « ascension d’arbre de Noël en petite culotte et talons compensés » (elle espère battre le précédent record détenu par Stella STEVENS.)


Shelley WINTERS, prête à récompenser la lauréate de la catégorie "ascension de sapin de Noël"...


Tout ça, a priori, ne nous laisse que peau de balle pour nous occuper de notre bien aimé lectorat, et vous commenciez à trouver le temps long entre deux chroniques suintant l’érudition et le bon goût.

Mais noooooon, vous n’êtes pas abandonnés ! Voici quelque chose à vous mettre sous la dent entre les sempiternels bêtisiers télévisuels (qui sont décidément devenus infréquentables) et les best-of de l’année écoulée (beaucoup trop déprimants, vu le nombre de « RIPages » que nous avons subis durant ces 12 derniers mois...)

Aussi, pour nos agapes festives, chers adorateurs du Camp, il fallait mettre la barre ciné-gastronomique encore un peu plus haut que d’habitude. Nous avons regardé ce qui nous restait au frigo, et votre Valentine chérie vous a sorti un modèle haut de gamme tout ce qu’il y a de parfait pour bien commencer ou finir l’année.

Au menu :

du glamour en Technicolor

des dialogues étincelants que vous pourrez ressortir lors de votre saint-sylvestrienne veillée

des garceries comme vous n’osiez même pas en rêver dans vos fantasmes les plus fous

Et, cerise confite sur le mirifique gâteau, bouquet final de ce somptueux feu d’artifice : nous allons faire des misères à une pauvre infirme sans défense !

Pas mal comme programme, non ?

Maintenant, plantons un peu le décor, et nuançons d’un rien cette note d’intention.

Le film ?

Le Démon des femmes !

Ça sonne déjà pas mal, mais il est plus connu (enfin, connu par les aficionados de l’improbable, comme les hôtes de ce blog) sous son titre original : The Legend of Lylah Clare.



Est-il besoin de rappeler que nous avons aux commandes le maître de la torture d’infirmes, le grand, l’immense, l’irremplaçable Robert ALDRICH, qui – je ne vous ferai pas l’injure de vous le rappeler – s’y connaissait un brin dans le domaine, puisqu’il nous avait pondu Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? 6 ans plus tôt (Crotte ! j’avais dis que je vous le rappelais pas !!!)

ALDRICH, après le triomphe des 12 salopards, va s’évertuer à dépenser jusqu'au dernier centime des bénéfices faramineux engrangés par ce succès, s'octroyant ainsi une brève et totale indépendance qui lui permit de nous livrer des œuvres aussi atypiques et mémorables que cette Lylah Clare, mais aussi Faut-il tuer Sister George ? ou encore Pas d'orchidées pour Miss Blandish.

Tous ces films se payant le luxe d’être des fours phénoménaux (Lylah Clare sonnera ainsi le glas de la carrière de son actrice principale, la glaciale et mono-expressive Kim NOVAK), ALDRICH dut vite mettre la clef sous le paillasson de ses studios qui sentaient encore la peinture fraîche.

Pour nuancer mon propos, je me dois de souligner que la pauvre infirme sans défense en question est loin d’être une mielleuse angoissée, type « Mary INGALLS » (dite « la bigleuse »). Non, ici, nous avons affaire à un cador, une pointure, un vrai petit champion nourri au Pédigree (supplice du) Pal + : Molly Luther en personne !

Non contente d’être la plus éminente critique de la Cité des Anges, Molly (sublime Coral BROWNE) se trouve être un confondant sosie de Marthe VILLALONGA mâtinée de STALINE en jupons et jambe de bois. Et elle vous décoche des répliques mortelles avec la célérité du crotale, aidée par une langue fourchue trempée dans du concentré de cyanure qui ne laisse aucune chance à sa victime, foudroyée sur place par la venimosité du Moloch.


Coral BROWNE et Marthe VILLALONGA : une (très vague) ressemblance, selon Valentine...


Face à elle, à peine plus mauvaise que d’habitude (c’est un avis tout ce qu’il y a de personnel et qui n’engage que moi, j’assume !) Kim NOVAK nous joue une petite grue, aspirante vedette tout ce qu’il y a de nunuche, mais qui, quand le vent souffle dans la bonne direction, se retrouve possédée par l’esprit de Lylah Clare, grande vedette morte dans des circonstances aussi brumeuses qu’alambiquées. (Nous n’épiloguerons pas sur la [contre ?] performance de mam’zelle NOVAK, mais disons simplement que « n’est pas Gloria SWANSON qui veut »...)


Kim NOVAK se trouve tellement mauvaise qu'elle déchire son propre portrait, dans Le Démon des femmes.


Mais heureusement, mes enfants, quand Lylah-la-garce affronte Molly-la-boiteuse, devant un public médusé par tant d’échanges fielleux et de coups bas, on touche au sublime !

Si ça ce n’est pas du Panache, je ne m’appelle plus Valentine Deluxe !

Allez, on se regarde ça, et après je vous fais un petit best of, rien que pour vous.




Alors, merveilleux non ?

C’est quoi votre réplique préférée dans tout ça ?

Moi j’ai un petit faible pour ça :


Pour ça :


Mais surtout pour ça :


Bref, j’aime tout, en fait !


mardi 21 décembre 2010

JOYEUX NOËL !...

Une vidéo de Valentine DELUXE

L'équipe de MEIN CAMP au grand complet (soit BB et Valentine) vous souhaite du fond de cœur de très joyeuses fêtes, et un Noël campissime !...