"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



mardi 30 décembre 2014

SWEET CHARITY (1969)

BOOKING.CAMP #3

par Valentine Deluxe 


Pour ce nouvel opus de notre indispensable chronique -- indispensable si vous voulez savoir où il faut être, comment, et avec qui pour être dans le coup --, nous allons répondre d'un seul coup, d'un seul, aux deux questions les plus anxiogènes du moment :
- Qu'est-ce qu'on fait pour le réveillon ?
- Qu'est-ce qu'on va se mettre ? (Je parle chiffons, là ; pas "biture et gueule de bois"...)

Ainsi donc, pour notre dernier rendez-vous de l'année, pas besoin de tourner autour du pot (déjà que l'extrait proposé sera un chouïa plus long que la moyenne habituelle) : si vous voulez passer une Saint-Sylvestre d'anthologie -- prenez vite un papier et crayon, sinon vous allez oublier --, moi je ne vois que...

le POMPEII club !


Evidemment, pour rentrer dans la bagnole, 
ce sera une autre histoire !

Le POMPEII club, c'est là que Vittorio Vittale -- le latin lover bien connu des tabloïds --, un soir de pluie et de grande solitude (traduction : il vient de se faire lourder comme une vieille crotte par sa dulcinée)  emmène  la merveilleusement godiche Charity Hope Valentine (encore une Valentine !... Décidement, ces temps-ci, on donne un coup de pied dans un réverbère, et il en tombe 15 à la douzaine !...)
Ça va lui mettre du baume au cœur, à c'te pauvre fille, parce qu’elle serait plutôt du genre à enfiler les quilles, un vrai petit Titanic sur talons hauts. 
A croire qu'elle fit un jour pipi sur un totem vaudou, ou que sa mère accoucha d'elle dans un vieux cimetière indien !... Peut être même les deux à la fois, vu les casseroles qu'elle se ramasse !
Mais pour une fois, notre Sweet Charity, cette petite sœur  américaine de la Cabiria de Federico Fellini, semble avoir tiré le gros lot : la grande vedette esseulée l'a remarquée sur le trottoir et l'a embarquée dans sa limousine pour l'emmener faire la fête!


 Cabiria ou Charity, c'est la même poisse tout ça !

Et comme il ne regarde pas à la dépense, qu'il n'est pas trop "piscrosse"* comme on dit à Liège, le beau Vittorio (un Ricardo Montalban pas encore faisandé sur son "Ile fantastique") emmène notre pauvre greluche...
 au POMPEII club ! 
(D'accord, le suspense est un peu éventé, vu que je vous l'ai déjà soufflé au paragraphe précédent...)


La petite robe noire, amoureusement customisée,
 a toujours la cote !

Au POMPEII club, pour être à la page, c'est pas compliqué : il suffit d'être habillé en Edith Head de pied en cap.
Et il faut reconnaître que, pour l'occasion, notre petite (1m56) Edith, avec son bon goût aussi  légendaire que dictatorial, à merveilleusement fait les choses.
Pour les messieurs, c'est smokings à jabots, avec une sérieuse aisance à l’entre-jambe, histoire de pouvoir accomplir les pirouettes du maître de ballet/metteur en scène, Bob Fosse. Pour les dames, petite robe noire, très simple et trèèèèès courte, astucieusement accessoirisée par des tombereaux de bijoux-fantaisie, le tout invariablement surmonté, tel un bouchon tarabiscoté sur une jolie carafe, d'une création capillaire des plus extravagantes.
Que demander de plus ?... Merci Edith !...

Oui, Edith Head a du génie, elle le sait...
et elle ne manque jamais de nous le rappeler !

Ah oui ! autre détail de taille : au POMPEII, on n'apprend pas seulement comment se frusquer, mais aussi -- et là, ça va pas être du mille-feuilles ! -- ce qu'il faut danser.
Parce que, comme SWEET CHARITY est le premier film réalisé par  Bob Fosse -- avec quasiment un chèque en blanc pour le budget ! -- et que le chorégraphe préféré de Fosse, c'est Fosse lui-même, nous allons avoir droit à l'une des séquences dansées les plus longues et inutiles de toute l'histoire du cinéma.
Enfin, "inutile", comprenons-nous bien, ça reste génial d'un bout à l'autre, on est bien d'accord !
Mais c'est aussi :
  1. absolument gratuit : nous ne sommes pas dans West Side Story, l'intrigue ne va pas avancer d'un poil par la grâce de ces merveilleux entrechats.
  2. d'un nombrilisme absolument ébouriffant : au niveau de l'ego surdimensionné, Bob Fosse pouvait donner des leçons à Edith Head -- pourtant une référence incontournable en la matière !
Ceci étant dit , c'est quand même un régal pour les mirettes !
La chorégraphie est parfaite, les costumes sont parfaits, et pour les oreilles, ce n'est pas moins festif, vu que le grand Cy Coleman s’occupe de la fanfare.

Alors, joyeux réveillon et... 
que la fête commence !



* Piscrosse : avare (Wallon liégeois)

dimanche 28 décembre 2014

LATTITUDE ZERO (Ido zero daisakusen, 1969)

Booking.CAMP #2

"It's fun to stay at the Y.M.C.A !"

Par Valentine Deluxe


Brrrrrr! Il fait froid, sombre et humide : la trilogie infernale pour nous mener tout droit à la dépression !
Heureusement que nous avons "Booking.Camp" pour rêver, s'évader et se coller du perlimpinpin en Technicolor plein les mirettes.
Alors, oubliez les frimas, les jours qui raccourcissent et les taux d’intérêts en berne de votre livret vert ; aujourd'hui, c'est Valentine qui invite !
Je vous propose d'aller faire un tour du côté de la "Latitude Zéro", charmant et délirant ouvrage réalisé en 1969 par le papa de Godzilla, le vénérable Ishiro Honda.
Sis à quelques centaines de mètres de profondeur quelques part dans l'océan indien, nous allons visiter l'ébouriffant bed and breakfast sous-marin du capitaine McKenzie !


 Avouez que ça fait tout de suite envie, non ?

Un hôte de choix, ce McKenzie.
Sorte de capitaine Nemo fagoté comme pour un tour de chant chez les Carpentier, il ose des associations de couleurs et de matières qui feraient repousser des bras à la Venus de Milo pour qu'ils lui en tombent à nouveaux !
(Oui, je sais, c'est un peu tordu comme métaphore... mais sachez que ce n'est pas une métaphore, c'est une périphrase !... et toc !)
Entre autres merveilles vestimentaires, on applaudira la chemise en simili-nylon, bordée d'un liseré d'or (comme les fameux rideaux Ado de mon enfance), généreusement ouverte sur un poitrail plus fripé qu'une tortue des Galapagos, le tout délicatement complété d'un petit foulard de satinette vert pomme,  négligemment noué sur le côté : un régal !

Une garde-robe des plus suaves, y'a pas à dire !

Dans le "hanky code" -- le (préhistorique) code gay censé donner des indications sur les préférences sexuelles par la simple présence d'un bandana accroché à la ceinture ou à la poche arrière de ses jeans --, le vert d'un foulard indiquait un prostitué mâle... avec, dans le cas présent, quelques heures de vol au compteur  (220  ans pour être précis), un pied dans la tombe et l'autre qui patine !
Mais trêve de fielleuses billevesées, car sorti de sa garde robe extravagante -- que je ne pourrai, faute de place et de temps, vous détailler ici -- le capitaine McKenzie est une crème d'homme. Et surtout, il sait recevoir.

 Un intérieur moderne et pratique comme les aime le capitaine McKenzie 
(... et les femmes de Stepford).

Évidemment, un homme aussi éclairé au rayon textile ne pouvait avoir qu'un intérieur amoureusement tenu et composé, où tout respire luxe, calme et volupté.
Une vraie couverture  pour "Marie-Claire Maison", une symphonie à la gloire du  formica et du simili-skaï !
Vous noterez bien sûr au passage l'harmonie des couleurs, les moquettes épaisses et les bibelots rares...
Alors maintenant que je vous ai fait saliver d'expectation, allons voir où et comment notre hôte reçoit ses invités.
D'abord, un petit tour du domaine...



Ensuite, les chambres...


Les repas...


Bon, évidement, on ne m’enlèvera pas de la tête que notre McKenzie a sans doute quelques vues sur les appâts plantureux du petit blondinet ; parce qu'en plus de le loger avec son ami "dans l'aile réservée au célibataire", à la première occasion il leur offre un petit tour dans son jacuzzi, pour prendre "le bain de l'immunité" ! (on ne me l'avait encore jamais faite, celle-là !)


Accueil, prestations... et plus si affinités !
Non, il n'est pas trop tard pour réserver, alors qu'attendez-vous?... Si vous dites que vous venez de ma part, on vous fera un prix !


jeudi 11 décembre 2014

LUCRECE BORGIA (1953)

FRENCH CAMP #7

123 centimètres de pur génie...

par Valentine Deluxe

 


En 4 ans et demi d'existence, nous avons eu le loisir de louer, tout au long de nos 125 rubriques, le talent -- généralement placé sous le signe de l’excès -- de plus de 160 acteurs et actrices.
Pourtant, à chaque nouvelle bafouille, je commence toujours par me dire : "Comment se fait-il que nous n'ayons pas encore parlé de... ou de... ? "
Eh bien, cette 125éme babillarde ne dérogera pas à la règle, car en cherchant par quel bout l'attaquer, je n'ai une fois de plus pas manqué de me dire : "Comment se fait-il que nous n'ayons pas encore parlé de Piéral ???"
Ceux qui se souviennent de ce comédien ne manqueront pas d'acquiescer de concert avec moi, un sourire un brin nostalgique au coin des lèvres.
C'est que cela nous ramène à  une heureuse époque où la bienséance javellisée n'avait pas encore banni du PaMéMo (Paysage Médiatique Mondial) cette figure indispensable de tout bon mélodrame érotico-historique :
le nain perfide et diabolique!

 

Piéral était (à son grand désespoir, d’ailleurs)  l'incontournable abonné à ce type de personnage.
Au vu du génie du bonhomme, on pourra bien sûr regretter cet emploi un tantinet réducteur, mais au moins aura-t-il échappé à l'infamie d'une "Joséphine, ange-gardien" !... A chaque époque son type casting !...

Perfide, diabolique, et très souvent empoisonneur !

Il est toujours amusant de comparer, à sujets égaux, la liberté de ton des productions françaises contemporaines aux super-productions hollywoodiennes, muselées et corsetées par l'incontournable code de bonne conduite érigé par  la MPPA.
Il suffit de mettre en parallèle un film comme "Diane de Poitier" avec Lana Turner dans le rôle-titre, et le "Lucrèce Borgia" de Martine Carol, tourné 3 ans plus tôt.
Point n'est besoin d'avoir fait science-po pour comprendre fissa la différence fondamentale entre les deux modèles :
Chez Martine Carol, figurera invariablement au cahier des charges l'indispensable "séquence nichons", que tous les spectateurs mâles de l’après-guerre étaient en droit d'attendre de ce type de productions.
Poitrines diverses de figurantes, mais aussi, et surtout, les merveilleux roudoudous de la star, jamais avare de ses charmes.
Perfection du galbe et de la proportion, ces tétons mutins et frondeurs faisaient, à très juste titre, quasiment figure de trésor national. 

Que serait un film de Martine Carol 
sans l'indispensable séquence "nichons" ???

Une autre pépite -- moins souvent célébrée, hélas -- de la pellicule en question, est donc notre merveilleux Piéral, qui l'espace d'une courte apparition, comme à son habitude, va voler TOUT le film.
Diction mielleuse, un effet sur chaque syllabe, regard suintant l'arsenic, il est absolument parfait et ne laissera rien derrière lui.
"Comme toujours", serais-je tentée d'ajouter .
Comble de bonheur, il est ici épaulé de l'également sublime Valentine Tessier (déjà, rien que le prénom...),  autre grande cambrioleuse du cinéma français, qui s'y entendait pour piquer une scène au nez et à la barbe de la vedette principale.
La future comtesse de Saint-Fiacre incarne ici, avec notre génial avorton, un couple aussi imparable qu'inoubliable.

 
 Évidement, on se poile un peu plus à la cour des Borgia 
qu'à celle de Saint-Fiacre !


Elle nous campe (on ne peut mieux dire) une Giulia Farnèse dont plus rien ne semble évoquer la légendaire beauté peinte par Raphaël et tous les grands barbouilleurs du Quattrocento.
Dévoreuse de mâles à l'insatiable appétit, cougar faisandée au clitoris hyperkinétique, elle est toujours accompagnée de son bouffon adoré, petite langue-de-pute aussi fourbe que fielleuse.
Qu'ils apparaissent à l’écran, et c'est le miracle ! 




"Qu'on éveeeeeentre la vieille !..."
Qu'est ce que je vous disais ?... N'est-il pas sublime ?...
Cette façon d'étirer la 2éme syllabe sur "éventre", on touche au divin !
Les sœurs Papin, par comparaison, étaient un modèle de loyauté ancillaire !
Continuons d'explorer plus avant ce petit duo amoureusement rodé.
Car du côté de notre Valentine (... oui, enfin, pas moi, l'autre !... Suivez, bon sang !), cette façon de lancer "Vous serez battu" n'est pas moins inoubliable...

Ah oui ! j'oubliais ! Attention : SÉQUENCE NICHONS !



Piéral, en plus, n'a pas besoin de dialogues -- aussi merveilleux soient-ils -- pour être génial ; il l'est de nature et n'a pour ainsi dire qu'à paraître pour susciter la pâmoison !
Enfin, pour être tout à fait juste, nous dirons "paraître, rouler des yeux et sautiller", mais c'est très bon quand même...




Plutôt du genre rancunier et teigneux, il faut bien l'admettre, mais en-dehors de ça : une crème d'homme !
De leur première à leur ultime scène, le duo infernal n'apparaît pas 10 minutes dans film, en tout et pour tout. Pourtant, si je devais raconter l’œuvre, je serais bien en peine de vous détailler ce qui se passe avant ou après, car je n'ai d'yeux que pour eux.Mais s'il fallait n'en garder qu'un extrait, inutile d'ajouter que je ne tergiverserai pas pendant des plombes, car l’éclair de génie pur, le voilà :



...A regarder en boucle, sans modération !

vendredi 31 octobre 2014

ORGIE MACABRE (Orgy of the dead, 1966)

Spécial Halloween/ La musique adoucit les mœurs # 11

Par Valentine Deluxe


Aujourd’hui, pas de blablas, pas de phrase inutile, tarabiscotée, longue comme un film de Chantal Ackerman écrit par Marguerite Duras -- remarquez, l'inverse serait encore plus effroyable, et surtout... beaucoup plus long !!!
Aujourd’hui je la boucle ; aujourd’hui, je me tais! (... ou peu s'en faut...)
Ça n'est pas que je vous fasse la gueule, que je sois aphone (et à flore), en grève, ou en panne d'encrier... non !
C'est juste que ce que la merveille je dois vous présenter aujourd’hui - Halloween oblige ! - se suffit à elle même.
Je dirai même plus : il n'y a pas de mot assez fort pour la décrire!


Déjà, un film qui s'annonce fièrement en "gorgeous Astra-vision" et "shocking sexy-color", moi je dis: 
Total respect!

Pour son exploitation  française (car ce film fut bel et bien distribué en salle, autre exploit !), l'intrigue, aussi brumeuse que l'unique et minable cimetière qui sert de décor au métrage, était sommairement  résumée par cet encart aguicheur :

"Les rites surnaturels de belles créatures condamnées pour leur immoralité et leurs péchés sur terre !"

Waowwww! 
(ça c'est pas sur les affiches, c'est moi )

Elle a un regard d'un pétillant, la "belle créature condamnée", 
c'est un vrai bonheur !

Ce que l'affiche ne mentionne pas, c'est que les joyeuses gaudrioles macabres que l'on nous promet se déroulent devant un pubis... heu! pardon, un public (c'est l'effet du sexy-color, ça !!!)  aussi restreint que bigarré!
A savoir :
  1. Un couple de jeunes mariés, dont la voiture - comme il se doit - vient de  tomber en panne dans les environs. 
  2. Une Morticia Addams de Prisunic (Fawn Silver) et un Dracula des plus maniérés (Criswell, le mage de l'écurie Ed Wood).
  3. Un loup-garou pelucheux et une momie anémique, improbables sidekicks commentant à tour de rôle,  de façon spirituelle (oui, enfin...) et avec une régularité de coucou suisse, l'improbable et sulfureux spectacle.
 Criswell, c'est madame Soleil
 ... en moins viril.
    Mais en quoi  consistent donc ces fameux rites surnaturels de belles créatures condamnées pour leur immoralité ?
    Eh bien, allons voir ça tout de suite avec mademoiselle Castagnettes qui nous présente sa fameuse danse spécial Toussaint, ou comme on dit dans la langue de Cervantès, El  dia del muertos ;  "a celebration in her contry" nous assure la pseudo Vampira, qui n'arrive pas à décider si la charmante donzelle est espagnole ou mexicaine.
     ... mais on ne va pas faire des mouches à 4 queues pour si peu!


                 

    Bon,  le vieux est content en tout cas, c'est déjà ça!
    Alors vous vous demanderez peut être : "Mais à part ça, qu'est ce qui se passe ?"
    Ben rien ! Les numéros de strip-tease - tous plus gratinés les uns que les autres - s'enchaînent inlassablement, avec juste un costume et un "gimmick" différents à chaque fois, comme dans un cabaret pour VRP belges  du Pigalle de la grande époque, et quand après 90 (loooooongues) minutes le soleil se lève enfin sur cette nuit d'horreur, non seulement vos zygomatiques endoloris sont au bord de la crise de tétanie, mais Criswell et ses comparses se sont transformés en squelettes, ne laissant que notre brave couple de jouvenceaux témoin de cette nuit de Walpurgis au concert Mayol
    Vous ne me croyez pas?... Vous ne me croyez pas ?!?
    Eh ben tiens, pour les plus téméraires et résistants d'entre vous, vous pourrez vérifier, je vous refile l'intégrale !!!
    Non, ne me remerciez pas, puisque je vous dis que ça me fait plaisir (... et éteignez bien tout en partant).




    LES 7 CITES D'ATLANTIS (Warlords of Atlantis/Warlords of the deep, 1978)

    BOOKING.CAMP #1

    par Valentine Deluxe



    Ne vous laissez pas avoir par cette météo trompeuse et ce faux air d'été indien.
    Les faits sont là, les statistiques imparables.
    En novembre :

    • Les cimetières fleurissent 
    • Les jours raccourcissent
    • Les températures baissent
    • Les dépressions augmentent
    C'est scientifique, y a pas à revenir là-dessus. Et s’il n’y avait que la promesse - serinée par tous les JT de France, de Navarre et d'Outre-Quievrain - d'une redoutable  déferlante de nouveaux virus, aussi exotiques qu’un film de Maria Montez et plus foudroyant qu’un édito de Hedda Hopper, passe encore. 

     Le virus Ebola vu au microscope
    (photo non contractuelle)

    Mais il vous faudra aussi composer  - Rengrègement de mal ! Surcroît de désespoir ![1] - avec Halloween et ses cortèges de chiards peinturlurés, qui vous réclament à cor et à cri (qu’ils ont perçant, ces gueux) des doses de glucose qui décimeraient, par choc diabétique foudroyant, des régiments entiers de soudards polonais.


     « The horror ! The horror ! »

    Vous croyez en avoir fini ? C’eut été trop beau, car à peine les singeries païennes de l’oncle Sam terminées, voici qu'arrivent les baraquements calibrés des villages de Noël, et leurs vapeurs écœurantes de tartiflettes surgelées et de vin chaud,  mi-cannelle/ mi-antigel...
    Non, vraiment, je ne sais pas vous, mais moi, le dernier trimestre, ce n’est pas ma saison préférée !
    ... Quoi de plus flippant ???

    Heureusement en toute circonstance - surtout les plus désespérées - vous pouvez toujours compter sur votre blog préféré pour mettre un coup de soleil dans l'eau froide !
    Alors moi, Valentine Deluxe - Votre Valentine -, je vous dis :

    ... et si on parlait plutôt de nos prochaines vacances?

    La voilà, l'antidote miracle à la grisaille saisonnière! C'est donc le moment idoine pour lancer une nouvelle rubrique, placée sous le signes du voyage-voyage ("... sur l'eau sacrée d'un fleuve indiennnn !")
      

    En 4 ans d'existence, nous n'avions jamais évoqué Desirless.
    (ouf ! voilà, c'est fait !) 
     
    Mais comme il vaut mieux ne pas acheter un chat dans un sac -- car s'il est vivant, ça remue et ça griffe, et si il est mort, ça va sentir mauvais --, nous allons patiemment essayer de vous trouver la pépite, le diamant, le trèfle à quatre feuilles de la villégiature!
    Et oui, vous ne pensiez quand même pas que j'allais vous envoyer vous dorer la pilule dans la case de l'oncle Tom, dans de la paillote "Trigano" avec buffet "Tricatel" ! 

     



    Grâce à "BOOKING.CAMP" vous allez pouvoir non seulement trouver LA destination, mais aussi réserver en ligne et comparer les avis des voyageurs ; elle est pas belle la vie?
    Et il y a encore des mauvaises langues après ça qui diront que nous sommes passéistes, ici
    Sus aux perfides, vive le progrès et l'aventure moderne !


    Alors pour notre première destination, je vous propose d'aller faire un tour à Thinqua, une des 7 cités d'Atlantis, tirée du film ... "Les 7 cités d'Atlantis" (comme ça au moins, c'est pratique, on risque pas de se méprendre...)
    Déjà à Thinka, avant toute chose, il y a l'accueil ! 
    Le Grand Inquisiteur en personne vient vous prendre par la main pour faire le tour des installations, en vous brossant bien dans le sens du poil et en vous assurant que "vous êtes un être supérieur !"... rien que ça!
    N'allez surtout pas vous laisser refroidir par cet  appellation un tantinet austère de "Grand Inquisiteur", non, car ce label quelque peu rugueux désigne en fait la public-relation de l'hôtel :
    Les jambes de Cyd Charisse (et le reste aussi), maquillage pour drag-queen épileptique, coiffée par un as du bigoudi visiblement sous influence de LSD - ou pire! - et habillée avec des surplus de chez Ado (vous vous rappelez, "les rideaux à lisière d'or !")... la grande classe quoi!

    Le Grand Inquisiteur : 
    Julie Mc Cow avec les cannes de Cyd Charisse

    Mais taisons-nous (faut toujours que je cause trop moi, désolée !) et partons plutôt faire le tour de la bicoque.


    ...Oui, c'est vraiment parfait, il n'y a rien à ajouter!
    Et encore, je ne vous ai pas montré l'espace "détente et relaxation", une merveille !



    "Grand dieu, mais ils flottent!"... c'est ti pas beau ça, comme dialogue?
    Et le hall de la contemplation, on dira ce qu'on voudra, ça a quand même une autre gueule que les ateliers "macramé et collier de nouilles" du Club Med'!
    Bon, et maintenant, si vous vous demandez comment la môme Charisse s'est fait faire ses adorables frisotis, passons par le salon de coiffure, où évidemment, on n'utilise qu'un matériel de pointe!
    Et en plus, leur casque pour les mises-en-plis et permanentes, il est branché sur Canal sat', ce qui est quand même super pour patienter pendant qu'on vous fait vos crolles ! [2]





    Bon, évidemment comme vous pouvez le constater, il y a toujours de "bons amis" pour venir gâcher l'ambiance parce que vous avez une chambre avec vue (enfin, je ne sais pas si la chambre est avec vue, mais le casque oui en tout cas !)

    ... Ah ! j'allais vous quitter en oubliant le principal : c'est "Ultra All Inclusive" en plus !!! 
    C'est pas merveilleux ça?  Alors, n'attendez plus pour réserver!
    Merci qui ? 

    MERCI BOOKING.CAMP!





    [1] "L’Avare", acte V, scène IV (… ça vous la coupe ça, non ?)


    [2] Crolle :

    [krol] n.f.

    Belgicisme, du flamand : krul, "boucle".

    Boucle de cheveux

    mercredi 8 octobre 2014

    MORT UN DIMANCHE DE PLUIE (1986)

    French Camp #7 :

    "Une nounou d'enfer !"

    Par Valentine Deluxe



    Il est des films qui naissent dans la discrétion, sortent dans l’indifférence, et disparaissent dans l’anonymat.
    Celui que je vous propose d'explorer aujourd’hui est de ceux-là.
    Si "Mort un dimanche de pluie" n’évoque aujourd’hui plus grand-chose à personne (ce qui ne fait pas bien lourd), rassurez-vous, déjà à l'époque de sa sortie, il n'en disait pas davantage.
    Avec un box-office parisien d'à peu près 10.000 péquenauds, et pas beaucoup plus au compteur national, c'est peu dire qu'il n'a pas rempli tous les espoirs de ses créateurs (et à plus forte raison, ceux de ses bailleurs de fonds !)

    Ils ont réussi à vendre encore moins de disques
    que de tickets de cinéma : un exploit !

    Heureusement, pour son grand retour après une interminable période d'aphasie (que d'aucuns appelleront "flemmardise chronique" -- et d'aucuns auront raison), votre Valentine chérie, tel Zorro venant au secours d'un pauvre Calimero agonisant dans l’indifférence la plus crasse, arrive, flamboyante et généreuse, pour tirer de l'oubli cette trop rare pépite.
    (Et vous noterez au passage qu’après ces  mois d'absence, je ne sais toujours pas faire des phrases de moins de 5 lignes !)

     Un flop d'une injustice criante!

    Je vais vous présenter ici une espèce bien peu commune dans le paysage cinématographique français d’hier et d’aujourd’hui : le thriller pour harpie ménopausée.
    Ce cas de figure a connu des heures plus que glorieuses dans les studios hollywoodiens après le triomphe de « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? », film-matrice décliné sous bien des formes, avec toujours comme point commun des titres à rallonge où figure presque invariablement un prénom féminin, de Tante Roo à Tante Alice, en passant par Charlotte, Helen ou Delilah… j’en passe et des plus flétries.

     Le mythe fondateur (mais je ne vous apprends rien...)

    Par contre, dans la patrie de Descartes et Molière, l’espèce est plus rare qu’un ragoût de Dodo à la carte d’un McDonald (oui, c'est un peu tiré par les cheveux comme métaphore, j’en conviens...)
    Ô bien sûr, grâce à un riche patrimoine littéraire, la mégère défraîchie, de Mme Thénardier à Folcoche, n’est pas complètement absente des écrans, mais rarement dans le cadre du frissonneur (traduction toute personnelle de « thriller », car nous avons des cotas à respecter ici).
    Alors, vous pensez bien si le film que je veux vous présenter aujourd’hui a des allures de diamant noir, voire d’oasis miraculeuse !

    Une référence en  harpie ménopausée "made in France":
    Madame Thénardier.

    Car niveau vilaine, notre héroïne du jour fait fort. TRÈS fort !
    Visez plutôt le tableau de chasse :
    En 90 minutes, en plus des sévices divers infligés sur la personne d’une pauvre petiote d’à peine 8 ans -- battue, affamée, bourrée de tranquillisants, voire ligotée  toute nue sur la lunette des WC! --, la vilaine gueuse dézingue quand même...
    ***attention pour le spoiler, vous êtes prévenus***
    ... une baby-sitter,  un père de famille, et… non pas un, mais DEUX adorables petits chats !!!
    Comme palmarès, ça se pose là !
    Z’avouerez quand même qu’elle met la barre bien haut question vilenie, on est carrément dans un niveau rien moins qu’olympique, là !

     Pas vraiment une tête de psychopathe sanguinaire, hein ?
    ... encore que !

    Coup de génie au niveau du casting, cette tendre créature est incarnée par la toujours géniale Dominique Lavanant, contre-emploi des plus audacieux pour l’ex-transfuge du Splendid,  peu habituée à incarner ainsi les gorgones hystériques.
    Parfaite de bout en bout et divinement haïssable ; c’est peu dire, au vu de sa fabuleuse prestation, que nous regrettons avec des ongles de fer [1] la frilosité des réalisateurs à la faire sortir des sentiers rassurants et balisés de la comédie franchouillarde.

    Fini les p'tits sucs des Vosges :
    elle suce plus, elle flingue !

    Alors maintenant, je vais la boucler un peu et vous proposer d’aller jeter un petit coup d’œil sur les méthodes pédagogiques quelques peu surprenantes de notre Hitler en jupon.



    On est quand même plus près de la veuve Mao que de Françoise Dolto, vous en conviendrez !
    Et elle n'a même pas besoin de faire preuve de violence physique pour faire flipper les pisseuses...
    (et au passage vous allez pouvoir profiter d'un petit extrait de l'immortel "I'm walking away", du non moins inoubliable Marshall Titus! )



    Une vraie teigne, hein?
    Si je puis me permettre, je vous déconseille vivement de mettre en pratique chez vous ce modèle éducationnel, quels que soient les méfaits commis par vos adorables têtes blondes.
    Moi de toute façon, si on me demande, je nierai tout en bloc : je ne vous connais pas, je ne vous ai rien dit, on ne s’est jamais vu !… et si ça sort d'ici, je sais que c'est vous, capito ?

    Sur ce, je vous embrasse bien fort et -- promis, juré, craché !-- je ne mettrai plus 6 mois pour vous pondre ma prochaine babillarde !


    [1] Traduction littérale d’une savoureuse expression wallonne : « Rigrèter avou dès ongues di fier ».