"J'admets que le Camp est terriblement difficile à définir. Il faut le méditer et le ressentir intuitivement, comme le Tao de Lao-Tseu. Quand vous y serez parvenu, vous aurez envie d'employer ce mot chaque fois que vous discuterez d'esthétique ou de philosophie, ou de presque tout. Je n'arrive pas à comprendre comment les critiques réussissent à s'en passer."


Christopher ISHERWOOD, The World in the Evening

"Le Camp, c'est la pose effrénée, l'affectation érigée en système, la dérision par l'outrance, l'exhibitionnisme exacerbé, la primauté du second degré, la sublimation par le grotesque, le kitsch dépassant le domaine esthétique pour intégrer la sphère comportementale."

Peter FRENCH, Beauty is the Beast



samedi 14 décembre 2013

LE PEUPLE DE L'ENFER ("The Mole People", 1956)


Alors... On danse! #6  
par Valentine Deluxe

L'épisode d'aujourd'hui sera placé sous
le haut patronage 
de Saint-Casimir du divin gloubi-boulga.

Ce dimanche, chères meincampiennes et chers meincampiens, pour le 6ème épisode de notre thé-dansant, nous partons retrouver de vieux amis qui nous ont déjà fait naguère le bonheur de nous visiter (pas dans le sens biblique du terme, soyez rassurés !)
Oui, aujourd'hui nous retournons au pays des hommes-taupes, qui, comme nous le rappelle la chanson, "(...) est le pays joyeux des enfants heureux, des monstres gentils, oui c'est un paradis".

"...des monstres gentils , oui c'est un paradis!" (qu'ils disaient)
 
Et depuis notre dernière visite, elle n'a pas changé, cette terre bénie des dieux où coulent le lait et le miel, où chaque jour est une chanson, et où toutes et tous vivent dans l'harmonie et la béatitude.
Oups!... Non, crotte, ça c'est Shangri-La, pas le pays des hommes-taupes !!!

Oui, je sais, la ressemblance avec Casimir ne saute pas yeux, 
mais imaginez-le avec une touche d'orange...

Le pays des hommes taupes, c'est pas mal non plus, ceci dit ; c'est un peu comme "L'île aux enfants", mais avec plein de Casimirs partout, taillables et corvéables à merci, réduits aux tâches les plus ingrates et les plus infamantes.
"Germinal"  revu par Christophe Izard, quoi!
(Ah oui, je dois vous prévenir que pour comprendre toutes les subtilités de mon présent article, il va falloir avoir des bases solides dans la culture "génération gloubi-boulga" !...)

Elinu (Alan Napier) 
le Mr. Travelling du pays des hommes-taupes.

Parmi les personnages-clefs du merveilleux "Le Peuple des enfers" de Virgil Vogel (prononcez "vos gueules"... si si, je vous assure...), nous pouvons trouver un de mes vilains favoris :
Elinu, le grand prêtre de la cité-troglodyte, tout en sournoiserie et sourires fourbes... un peu comme une version "sous-terraine" de monsieur Travelling, le méchants impresario qui voulait capturer Casimir pour l'exhiber façon "King-Kong" (Toujours dans "L'île aux enfants" donc!... eh oui, je vous avais prévenus !)

Mr. Travelling (Sacha Briquet), le Elinu de L'île aux enfants.

Avec un œil très très aiguisé,  les fans de BATMAN reconnaîtront au passage Alan Napier, le fidèle majordome Alfred de la psychédélique version télévisée des aventures du super-héros bedonnant.
Pour introduire notre sacro-sainte chorégraphie dominicale, retrouvons donc le fielleux Elinu, prêt à envoyer un trio de donzelles au casse-pipe, le tout avec un sens de l'apparat et du décorum qui dénote l'homme "de bon goût"... si vous voyez ce que je veux dire !



(... oui, bref, sans vouloir balancer les copines, 
Elinu, elle me semble  folle comme un sac à main !)

Donc, comme dans "L'Age de cristal", on a trouvé un moyen imparable de contrôler la démographie : envoyer les pré-ménopausées à l'abattoir.
Rappelez-moi de ne jamais foutre le bout d'un escarpin dans c'te foutu bled ; je risquerais de n'y pas faire long feu !
Mais pour les accompagner de vie à trépas, nous avons notre traditionnelle séquence chorégraphique, sans laquelle cette rubrique perdrait sa raison d'être.
Enfilons donc notre indispensable maillot de corps, que nous accessoiriserons de jolis voilages façon "Loïe Fuller" pour donner une touche de poésie éthérée et aérienne à notre petite gymnastique.
Non, ne me remerciez pas, je n'y suis pour rien ; c'est Elinu qui a tout fait!



Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je ne fais pas un cinéma pareil à chaque fois que je dois faire une séance de banc solaire !

4 commentaires:

  1. Chère Baronne, votre texte m'a profondément troublé car il est follement belge et, en tant que français, je ne m'y reconnais guère : car votre Mr Travelling si suavement incarné par le délicieux Sacha Briquet se nommait chez nous Mr Du Snob, ce qui, vous en conviendrez, change tout... Par contre, du côté des hommes-taupes et du sympathique Elinu, rien à dire... Avec tout mon respect, altesse d'outre-Quiévrain !

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  2. euh, Baronne, ce n'est pas du tout du tout une fumeuse librairie qui vous a écrit plus haut, mais bien le méchant Didier que vous reconnaîtrez j'en suis sûr...

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  3. Ah attention, "méchant" Didier (j'ai effectivement comme une petite idée de votre véritable identité! ) Monsieur Du Snob (Fulbert Anselme de ses prénoms) et Mr Traveling sont 2 personnages distinct. Le regretté Sacha briquet interprétait le méchant, quant à Mr Du Snob, il était joué par un certain Jean Louis Terrangle.

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  4. fouchtri fouchtra baronne ! mon esprit vieillissant a toujours assimilé les deux au point que je n'ai aucun souvenir de ce Travelling et que je vois le charmant Sacha en Du Snob... saperlipopette, il faut que je me fasse une cure d'Ile aux enfants fissa pour remettre de l'ordre dans tout ça. Merci en tout cas de m'avoir révélé, enfin, la vérité. Valentine vint et la lumière fut

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